la mutation «très rare» et «préoccupante» qui met tout un quartier sous pression


FOCUS – Après l’apparition de 50 cas de ce nouveau variant, des dépistages massifs ont été organisés. Un centre de vaccination éphémère doit même être monté ce mercredi dans ce quartier du Bacalan où ce variant est apparu.

Après les variants britannique, brésilien, sud-africain, indien, voici le nouvel arrivé : le variant bordelais. En quelques jours, le «VOC 20I/484Q» a mis tout le quartier Bacalan, au nord de Bordeaux (Gironde), sous pression sanitaire. Apparu à la suite de réunions familiales le 8 mai dernier, il s’est ensuite propagé au sein de l’école primaire Charles-Martin, où dix enfants ont été testés positifs. En tout, 51 cas issus de cette mutation ont été découverts en une semaine. Les personnes testées positives, en majorité âgées de moins de 50 ans, dont des enfants n’ont pas été hospitalisées et sont souvent asymptomatiques.

Un variant «préoccupant» mais pour l’instant pas inquiétant

Le variant bordelais ressemble au britannique avec une nouvelle mutation, que l’on retrouve aussi sur le variant indien, le rendant «certainement plus transmissible», selon Benoît Elleboode, directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine. Déjà observé en Île-de-France dans un établissement de soins en avril dernier ou en Nouvelle-Aquitaine, il est pour la première fois responsable d’un cluster sur l’ensemble d’un quartier. Une contagiosité accrue qui a poussé Santé publique France à le classer parmi les «variants préoccupants» aux côtés des anglais, sud-africain, brésilien et indien.

«Il faut le surveiller activement», estime l’agence sanitaire régionale, même s’il «ne semble pas différent des types de Covid-19 auxquels nous sommes habitués». En infectant majoritairement des personnes jeunes, le variant «ne semble pas résistant à la vaccination». Afin de le contenir dans le quartier et éviter toute propagation massive, les autorités ont mis en place des mesures massives dès vendredi dernier.

Des mesures inédites

Depuis quelques jours, tout ce quartier du nord de Bordeaux vit au rythme des tests PCR et de la vaccination intensive. Un centre de dépistage a été monté en 24 heures, permettant de tester 200 personnes par jour. Sur les 900 tests PCR réalisés en quatre jours, neuf se sont avérés positifs et sont venus s’ajouter à la cinquantaine de personnes malades. Tous ont été conduits à l’isolement pendant dix jours et leurs contacts retracés et informés. Les personnes négatives ont elles été invitées à directement aller se faire vacciner.

Pour assurer la vaccination de ce quartier de 10.000 personnes, la ville de Bordeaux a décidé d’installer dès mercredi 26 mai un centre de vaccination éphémère, permettant 200 injections par jour. Sur les 19.000 doses prévues, 5000 seront disponibles dès la semaine prochaine. Un rythme qui s’annonce soutenu, pour lequel les autorités sanitaires locales se disent «prêtes». Les 17 pharmacies bordelaises qui ont reçu depuis jeudi dernier des doses du vaccin Moderna, viennent, au rythme de vingt injections par semaine, en appui de ce dispositif aux allures d’un siège militaire. L’ARS espère ainsi vacciner l’ensemble des habitants majeurs du quartier au moment où «82% des plus de 65 ans et 56% chez les plus de 50 ans» de la région ont reçu une première dose.

Des résultats rassurants

Cinq jours après le début des opérations, la mairie se veut rassurante. Le taux de positivité est de 2,4% soit en dessous du niveau national qui s’établit à 3,6%. L’école Charles-Martin, fermée le 17 mai dernier en raison des dix cas positifs a rouvert ses portes ce mardi 25 mai avec l’obligation pour chaque enfant de présenter un PCR négatif.

En attendant de pouvoir observer les résultats d’une vaccination massive qui va s’intensifier durant les deux prochaines semaines, le maire compte sur l’assiduité des habitants pour garder les gestes barrière même une fois vaccinés. Les autorités sanitaires continueront de leur côté à «envoyer des SMS, appeler les Bordelais du quartier pour les inviter dans les centres de vaccination».



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