Le nez du TGV du futur dévoilé par la SNCF à Belfort

Il ne roulera qu’à partir de 2024, pour les Jeux Olympiques, mais déjà la SNCF en dévoile des petits bouts : ce 26 mai à Belfort (Bourgogne-Franche-Comté) la présentation du « nez » de la première motrice du TGV M, ex « TGV du futur  » cher à Arnaud Montebourg, vaut bien une petite cérémonie en présence du PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet, du directeur de Voyages SNCF, Alain Krakovitch et de Jean-Baptiste Eyméoud, le président d’Alstom France.

Le nez du TGV du futur dévoilé par la SNCF à Belfort

La SNCF a présenté le « nez » de la première motrice du TGV M. Crédit: Pauline Damour/Challenges

Dans les hangars de briques rouges vieux de 150 ans, la ligne de production ultra moderne des futures motrices détonne. La forme allongée du nez, tout blanc, lui donne un petit air de Shinkansen, le TGV japonais.  « On a travaillé sur l’aérodynamique, avec une motrice beaucoup plus fuselée, explique d’ailleurs Jean-Baptiste Eyméoud. Toute la partie motorisation est beaucoup plus simplifiée par rapport aux générations précédentes. »

Le nez du TGV du futur dévoilé par la SNCF à Belfort

Crédit : Pauline Damour/Challenges

Or c’est tout l’enjeu du TGV M : depuis le lancement du projet en 2016, Alstom a promis à la SNCF de lui fournir un train permettant d’économiser 20% en énergie tout en étant 20% moins cher à l’achat et permettant de transporter 20% de passagers en plus. Pour

le constructeur et son client, il s’agit de la première grosse innovation technologique depuis le lancement de la rame Duplex en 1995.   

Plus de passagers que dans un Ouigo

En cours de construction sur le site de La Rochelle, les rames pourront accueillir 740 personnes en configuration maximale. Plus que dans les Ouigo. Avec tout autant d’espace pour les passagers, promet le constructeur et 10% de surface vitrée supplémentaire. Un bar sur deux étages est également prévu. De quoi assurer « un véritable saut qualitatif », avance Christophe Fanichet.

Le nez du TGV du futur dévoilé par la SNCF à Belfort

Les rames pourront accueillir 740 personnes en configuration maximale. Crédit : Pauline Damour/Challenges

Mais c’est surtout la modularité qui intéresse la SNCF, en pleine réflexion sur le modèle du TGV. Obligée de se montrer « plus agile » pour s’adapter à la fois aux évolutions des comportements de ses clients et à la concurrence ouverte sur la grande vitesse, la compagnie pourra à l’avenir mixer ses rames en fonction des destinations et des saisons.

« C’était notre gros point faible, reconnaît Alain Krakovitch, de Voyages SNCF. A l’avenir nous aurons la possibilité, grâce notamment à un système de câblage adapté entre les rames, d’avoir des trains plus ou moins longs, de 7,8 ou 9 rames. La configuration des sièges pourra également être modifiée pour transformer une voiture de première en seconde, et réciproquement. » Ainsi ce ne sera plus le même TGV qui fera Paris-Lyon en semaine, plutôt ciblé sur la clientèle business, que le Paris-Bordeaux du week-end, prisé par les familles.

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Trois classes ?

Et pourquoi pas même mixer des rames avec celles des Ouigo ? La SNCF y réfléchit pour affiner sa politique tarifaire, dont une première partie sera dévoilée le 1er juin…mais sans vouloir en dire plus. Techniquement ce sera possible.

Le nez du TGV du futur dévoilé par la SNCF à Belfort

Au total, cent rames ont été commandées en 2018 à Alstom pour un montant de 2,7 milliards d’euros. Crédit: Pauline Damour/Challenges

Il ne faut toutefois pas s’attendre à une flexibilité totale pour coller à la demande. Les contraintes ferroviaires, liées notamment aux réservations des sillons, les péages du rail, font que les plans de transport se prépareront toujours trois ans à l’avance.

Au total, cent rames ont été commandées en 2018 à Alstom pour un montant de 2,7 milliards d’euros. Les premières doivent rouler entre Paris et le Sud-Est de la France à la fin du premier semestre 2024, juste avant les Jeux Olympiques. Les livraisons doivent ensuite être étalées jusqu’en 2031. La crise du Covid ayant retardé le planning. A cet horizon, le parc de TGV de la SNCF devrait être constitué de 300 rames environ, dont un tiers par celles de la nouvelle génération.

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