l’exécutif débloque près de 20 milliards d’euros supplémentaires


Emmanuel Macron veut y croire : après quinze mois de crise due au Covid-19, la reprise économique sera forte. Mais dans le doute, quelques milliards supplémentaires seront les bienvenus. Le projet de loi de finances rectificative (PLFR), qui sera présenté mercredi 2 juin en conseil des ministres, avant d’être débattu dans l’hémicycle à partir du 11 juin, reflète l’incertitude qui plane sur l’économie tricolore au moment où les Français renouent peu à peu avec la vie normale. Selon Olivier Dussopt, ce texte témoigne d’une « phase de sortie prudente et progressive du quoi qu’il en coûte », comme l’a indiqué le ministre délégué aux comptes publics dans une interview aux Echos, publiée mercredi 26 mai au soir.

En fait de sortie, le gouvernement a toutefois prévu très large : près de 20 milliards d’euros supplémentaires vont être mobilisés pour financer la prolongation des mesures d’urgence pour les entreprises les plus affectées par les restrictions sanitaires, ainsi que d’autres dispositifs de soutien à l’économie imaginés pour tenir jusqu’au prochain budget, celui de 2022, qui sera voté en fin d’année. Pour mémoire, une première enveloppe de plus de 7 milliards d’euros avait déjà été débloquée début mai via un décret d’avance, afin d’ajouter les crédits nécessaires aux dispositifs d’urgence (fonds de solidarité, chômage partiel, exonérations de cotisations) jusqu’à l’été.

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Avec ces nouveaux fonds, l’exécutif entend se donner une marge de manœuvre confortable pour passer l’été et parer à toutes les hypothèses pour la rentrée. Le scénario d’un rebond vigoureux de type « années folles », dopé par une frénésie de consommation, est pour l’instant celui qui tient la corde à Bercy, en tout cas officiellement.

Avec ces nouveaux fonds, l’exécutif entend se donner une marge de manœuvre confortable

Malgré l’euphorie liée au déconfinement et à la réouverture des commerces et des terrasses, malgré les progrès de la vaccination, le gouvernement ne peut éviter une certaine prudence. Après plus d’un an de crise, impossible de faire un diagnostic précis de l’état du pays, dont une partie de l’économie demeure sous perfusion d’argent public. Bercy n’a d’ailleurs presque pas corrigé ses prévisions macroéconomiques pour 2021 : le ministère reste sur un objectif de croissance de 5 % pour l’année, moins optimiste que la prévision de la Commission européenne (+ 5,7 %) et une dette s’élevant à 118 % du PIB. Le déficit public devrait se creuser un peu plus, à 9,5 % contre 9 % prévus en avril. Un ajustement à la marge pourrait encore intervenir en fonction des données de conjoncture qui seront publiées par l’Insee, vendredi 28 mai, pour l’année 2020.

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