Poussé par la pandémie, Airbnb s’éloigne des villes et de leurs contraintes réglementaires


Brian Chesky, PDG et cofondateur d’Airbnb, à San Francisco (Californie), le 21 mai.

C’est commode : alors que les grandes villes européennes intensifient leur lutte contre la présence d’Airbnb en leur centre touristique, Airbnb assure ne plus avoir besoin d’elles. Cet été, Paris ne sera pas la destination privilégiée en France, détrônée par le Var. Le phénomène n’est pas propre à l’Hexagone, puisque Rome est devancée par la Sardaigne, Londres par les Cornouailles et Berlin par les bords de la mer Baltique.

La statistique doit beaucoup à la quasi-disparition du tourisme international : avant la pandémie de Covid-19, c’est une clientèle américaine ou asiatique qui remplissait chaque été les meublés touristiques des grandes capitales européennes. Difficile de déterminer si ce phénomène sera durable lorsque l’équilibre entre tourisme domestique et international sera rétabli.

Pour autant, Airbnb veut croire en un basculement qui permettrait d’amoindrir sa dépendance aux grandes métropoles touristiques – à commencer par Paris, son premier marché mondial. Avant la pandémie, près de 12 % des revenus d’Airbnb provenaient de dix villes dans le monde. La plupart d’entre elles ont pris – ou tentent de le faire – des mesures pour limiter le nombre de meublés touristiques ; et les cas les plus anciens, comme celui de San Francisco, la ville d’Airbnb, ont montré que des mesures de régulation adaptées pouvaient fortement nuire aux affaires de la start-up.

Airbnb espère une « redistribution du tourisme »

« Nous sommes présents dans près de 100 000 communes, il y en aura toujours quelques-unes qui auront un problème avec nous, explique au Monde Brian Chesky, PDG et cofondateur d’Airbnb. Elles étaient plus nombreuses avant la pandémie qu’aujourd’hui : ces villes ont désormais un autre problème, puisqu’elles n’ont plus assez de touristes. C’est peut-être un nouveau départ pour nous : la redistribution du tourisme va changer la nature de notre relation avec les villes. »

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La start-up se pense en meilleure position pour négocier avec les élus locaux, qui eux-mêmes s’imaginent confortés par les difficultés de la plate-forme dans ses bastions historiques. Pour l’heure, sa priorité est de répartir les flux touristiques sur les territoires, ce qui lui permettra d’être davantage à l’abri des menaces de régulation, également brandies par la Commission européenne.

La page d’accueil du site met aujourd’hui en avant les destinations proches, les « escapades en pleine nature » ou « des logements uniques » – yourte, cabane dans les arbres, péniche ou micromaison, bref, tout ce qui n’est pas un deux-pièces standardisé dans le Marais à Paris. Longtemps, ce même espace promouvait les villes les plus touristiques du monde.

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