En montagne, l’Etat finance une transition à pas comptés


A Saint-Etienne-de-Tinée (Alpes-Maritimes), le 6 août 2020.

Jean Castex est arrivé dans les Alpes avec trois jours de retard, jeudi 27 mai. La station de La Clusaz (Haute-Savoie) venait de s’offrir un week-end doux-amer, remontées mécaniques ouvertes le samedi, fermées le dimanche, quarante-huit heures de neige de printemps pour solder une saison d’hiver en forme de film d’anticipation. Hormis dans une poignée de stations, cet hiver sans ski alpin préfigure ceux que connaîtront les massifs français à la fin du siècle.

Le plan Avenir montagnes, dévoilé, jeudi, à Bourg-Saint-Maurice (Savoie), par le premier ministre, est toutefois loin de prétendre à imiter le Plan neige de 1964, qui allait substituer le ski à l’industrie électrométallurgique déclinante. Nulle ambition de cette ampleur, ici : si le gouvernement entend aider la montagne à « relancer l’investissement pour répondre aux défis structurels auxquels elle fait face », il ne propose ni rupture ni « plan Marshall ».

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Le plan poursuit un triple objectif : accélérer la transition écologique dans les massifs, diversifier l’offre touristique et enrayer la formation de « lits froids », ces appartements en station inutilisés une grande partie de l’hiver. Le principal outil à sa disposition sera un fonds dont la dotation est annoncée à 331 millions d’euros – 300 millions pour les investissements et 31 millions d’accompagnement à l’ingénierie.

Cette somme est toutefois soumise à une contractualisation entre l’Etat et les six régions montagneuses, qui doivent y contribuer à hauteur de 150 millions d’euros. Un engagement dont certains doutent déjà, notamment pour ce qui est de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Son président (LR), Laurent Wauquiez, favori à sa réélection en juin et critique récurrent du gouvernement, a déjà adopté son propre fonds de soutien à la montagne, doté de 70 millions d’euros.

Sentiers pédestres et ascenseurs valléens

Le fonds gouvernemental doit permettre de rénover 1 000 kilomètres de sentiers pédestres, de soutenir des projets d’équipement portés par les collectivités ou opérateurs des massifs, ou d’encourager la création d’ascenseurs valléens. Ces transports par câbles, particulièrement coûteux et encore rares dans les Alpes françaises, doivent relier les fonds de vallée aux stations, afin de limiter le trafic automobile et, donc, l’impact environnemental du ski alpin.

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Les sommes iront à des projets répondant aux objectifs globaux : diversification de l’offre touristique, amélioration des performances écologiques des équipements du ski alpin, protection de la biodiversité, développement des mobilités ou rénovation des hébergements de tourisme social et des refuges. Le soutien de l’Etat se matérialisera également par de nouveaux prêts ciblés, une campagne de promotion de la montagne et des aides aux classes de neige.

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