50 formations professionnelles pour rebondir



50 formations professionnelles pour rebondir

C’est une transformation profonde qui est à l’œuvre. Malgré une conjoncture très incertaine et l’inquiétude générée par la pandémie, les Français sont aujourd’hui convaincus que la formation est un puissant antidote pour affronter les aléas. Comme si le Covid-19 avait fait sauter des verrous. « Nous traversons une crise majeure, on aurait pu s’attendre à un repli sur soi, sur son emploi, ses acquis , constatait Julie Gaillot, directrice du pôle Society de l’institut d’études CSA, le 15 février, lors d’une conférence organisée par l’agence publique Centre Inffo. Mais pas du tout, cela donne au contraire de l’allant aux actifs pour se former. » Selon le Baromètre de la formation professionnelle, présenté ce jour-là, une écrasante majorité de Français considère même qu’il s’agit d’une opportunité de s’améliorer dans sa pratique professionnelle (90 %), d’une chance pour évoluer professionnellement (89 %), mais aussi d’une nécessité afin de préserver son employabilité (88 %). Des convictions renforcées par l’évolution rapide des métiers. « L’obligation d’acquérir de nouvelles compétences est cruciale dans un contexte d’agilité accrue », résume Julie Gaillot.

Cet engouement est particulièrement marqué chez les cadres, souvent les mieux formés, et les 25-34 ans, pourtant fraîchement diplômés. Ils forment la garde montante des « serial learners » , prêts à s’adapter en

permanence. Encore faut-il pouvoir s’y retrouver parmi une offre foisonnante et pas toujours lisible. « Nous ne sommes pas au rendez-vous , reconnaît Patrice Guézou, le directeur général de Centre Inffo. Il y a un service public de l’information à construire avec les branches professionnelles et les différents acteurs. » Précisément, l’objectif de ce dossier est de présenter un panel parmi les meilleurs MBA pour accéder des postes de direction, mais aussi des mastères spécialisés dans des secteurs économiques en tension, et des certifications, ciblées et courtes, afin de sécuriser son poste, ou de donner une nouvelle impulsion à sa carrière.

« Trouver du sens au travail »

A chacun d’identifier la formation qui lui convient en fonction, aussi, des besoins du marché du travail. « La maturité collective et individuelle des Français sur ce sujet est de plus en plus grande » , se réjouit Bruno Lucas, délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle. Ainsi, selon le sondage de CSA réalisé en janvier auprès de 1 600 actifs, ceux-ci considèrent que c’est avant tout une responsabilité personnelle de se former. Même le mot reconversion n’est plus connoté négativement à leurs yeux. Au contraire. Et leur désir de mobilité n’a jamais été aussi grand : la moitié des actifs envisage de changer d’emploi, dont un tiers dans les deux ans.

« Les cadres ont besoin plus que jamais d’être en cohérence avec leurs valeurs et de trouver du sens à leur travail » explique Patricia Massoni, consultante à l’Apec. Ces aspirations constituent une opportunité formidable pour tous les acteurs de l’enseignement supérieur. Certains l’ont anticipée, comme Toulouse Business School, qui a redécoupé l’offre de son programme grande école par blocs de compétences (lire interview ci-contre). « Nous proposons aujourd’hui 275 modules distincts dans les secteurs de la finance, du marketing, des ressources humaines ou de la stratégie, qui sont tous validés par un certificat » , explique Jacques Digout, le directeur chargé de la formation continue. En additionnant les briques, il est même possible d’obtenir le MBA de l’école de management.

Parmi les plus enclins à se former et à bifurquer professionnellement, selon CSA, on trouve les femmes, les habitants des grandes villes ainsi que les jeunes, qui rêvent d’une vie moins linéaire que leurs aînés. Ils aspirent aussi à des métiers ayant un impact sur la société ou la planète. Et pour cela, ils sont prêts à reprendre des études. D’où la montée en puissance de thématiques comme le développement durable, le management éthique, la transition énergétique ou encore l’intelligence collective. La transformation numérique imprègne, elle aussi, la formation continue des cadres. En particulier le marketing digital, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, le big data, autant de compétences très recherchées par les entreprises qui recrutent…

« Sécuriser son parcours »

Or la création du compte personnel de formation (CPF) simplifie la possibilité d’ajouter des lignes à son CV. C’est même l’objet de la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel. « La monétisation du CPF, qui permet désormais à chacun de savoir de combien il dispose en euros pour se former, y contribue beaucoup », souligne Mikael Charbit, le directeur de la certification professionnelle à France Compétences. En quelques mois, des centaines de milliers de sessions de formation ont ainsi été dispensées à des cadres, dont plus d’un tiers avait plus de 46 ans. « Ils cherchent à sécuriser leur parcours professionnel ou à entamer une deuxième partie de carrière » , détaille Laurent Durain, directeur de la formation professionnelle à la Caisse des dépôts. L’établissement est chargé de gérer le site Mon-CompteFormation, qui répertorie toute l’offre disponible. Parmi les domaines les plus demandés : le management du changement, l’entrepreneuriat, l’anglais professionnel et… les bilans de compétences.

Une étape souvent indispensable avant de retourner sur les bancs de l’école.


Dossier coordonné par Kira Mitrofanoff



Lire la suite
www.challenges.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *