Air France-KLM reste en zone de turbulences


Ben Smith se serait bien passé d’une polémique sur sa rémunération. Restée en tra­­­vers de la gorge des Néer­landais, la question du bonus différé de 2 millions d’euros attribuable au directeur général d’Air France-KLM au titre de sa gestion pour 2020 devait une nouvelle fois faire monter la tension au sein du couple franco-batave le 26 mai, lors de l’assemblée de la compagnie.

Coutumier des coups de griffe à l’encontre d’Air France, le ministre néerlandais des Finances, Wopke Hoekstra, s’est fendu d’une lettre aux parlementaires de La Haye fin avril, jugeant « non justifiable qu’un bonus, sous quelque forme que ce soit, soit octroyé pendant une période où l’entreprise a besoin de milliards d’euros d’aides d’Etat pour survivre à la crise du coronavirus ». Dans sa missive, le chrétien-démocrate exigeait de Ben Smith qu’il renonce à ses émoluments, sous peine d’interdire toute nouvelle aide publique à Air France-KLM. Jugeant cette attaque « regrettable », l’intéressé a tenu à rappeler qu’en 2021 il ne toucherait « pas un euro au titre de cette rémunération variable, dans une interview au Figaro. Ma rémunération variable à long terme est soumise à de très nombreuses conditions, et ne sera de toute façon pas versée avant plusieurs années ».

Mener à bien le redressement

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ée en tra­­­vers de la gorge des Néer­landais, la question du bonus différé de 2 millions d’euros attribuable au directeur général d’Air France-KLM au titre de sa gestion pour 2020 devait une nouvelle fois faire monter la tension au sein du couple franco-batave le 26 mai, lors de l’assemblée de la compagnie.

Coutumier des coups de griffe à l’encontre d’Air France, le ministre néerlandais des Finances, Wopke Hoekstra, s’est fendu d’une lettre aux parlementaires de La Haye fin avril, jugeant « non justifiable qu’un bonus, sous quelque forme que ce soit, soit octroyé pendant une période où l’entreprise a besoin de milliards d’euros d’aides d’Etat pour survivre à la crise du coronavirus ». Dans sa missive, le chrétien-démocrate exigeait de Ben Smith qu’il renonce à ses émoluments, sous peine d’interdire toute nouvelle aide publique à Air France-KLM. Jugeant cette attaque « regrettable », l’intéressé a tenu à rappeler qu’en 2021 il ne toucherait « pas un euro au titre de cette rémunération variable, dans une interview au Figaro. Ma rémunération variable à long terme est soumise à de très nombreuses conditions, et ne sera de toute façon pas versée avant plusieurs années ».

Mener à bien le redressement

Pour en bénéficier, explique-t-on dans son entourage, Ben Smith devra être toujours à la tête du groupe en 2023 et, surtout, avoir mené à bien son redressement. S’ajoutent à cela les conditions posées par la Commission européenne à la recapitalisation d’Air France, qui interdit le versement de bonus tant qu’Air France-KLM n’aura pas remboursé au moins 75 % des aides de l’Etat français. Mais aussi, tant qu’il n’aura pas ramené sa participation à son niveau d’avant-crise, soit 14 %. Depuis l’augmentation de capital, l’Etat français est en effet redevenu l’actionnaire de référence, avec une part du capital à 28,6 %, alors que celle de l’Etat néerlandais, qui n’a pas voulu suivre, a chuté à 9,3 %.

Ces crispations avec La Haye ne facilitent certes pas la tâche du patron du flagship tricolore occupé à redresser la barre dans un contexte aérien encore très déprimé par la crise sanitaire. La compagnie, qui espère fonctionner à 65 % de ses capacités cet été, a subi une nouvelle lourde perte de 1,5 milliard d’euros au premier trimestre (après plus de 7 milliards en 2020). Elle va devoir encore prendre des mesures pour renforcer son bilan, et, notamment, faire baisser son endettement, a prévenu le groupe.

Air France-KLM, qui a bénéficié l’an dernier de 10,4 milliards d’euros d’aides gouvernementales, a levé 1 milliard d’euros en avril grâce à une augmentation de capital. Ce ne sera pas suffisant et une nouvelle augmentation sera nécessaire avant 2022. De quoi rebattre encore les cartes dans son tour de table et peut-être, aussi, calmer les ardeurs des Néerlandais.

 

Le duo de choc 700- actu-actualités entreprises
2021-03-12 10:34:49 Dutch outgoing Minister of Finance Wopke Hoekstra arrives at the Binnenhof in The Hague, The Netherlands, for the weekly Council of Ministers, March 12, 2021. ANP SEM VAN DER WAL (Photo by Sem van der Wal / ANP MAG / ANP via AFP) - Cabinet meeting before the Council of Ministers

 

Chargé des Finances des Pays-Bas, le ministre dénonce un salaire « non justifiable, alors que la société a besoin d’aides d’Etat ». (S. Van Der Wal/AFP)

 



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