Quatre législatives partielles marquées par une abstention record


Brigitte Bourguignon, la ministre déléguée chargée de l’autonomie, à l’Assemblée nationale, le 4 mai 2021.

Les candidats redoutaient des records d’abstention. Ils avaient raison. Dimanche 30 mai, le premier tour des quatre élections législatives partielles organisées en France a été avant tout marqué par une participation très faible : 15,5 % des inscrits seulement se sont rendus aux urnes dans le 20e arrondissement de Paris, 18,1 % en Indre-et-Loire, 24,3 % dans le Pas-de-Calais, moins de 25 % dans l’Oise.

Le désintérêt d’une partie des Français à l’égard des élections a été accentué par les circonstances. Plusieurs fois reportées en raison de l’épidémie de Covid-19, ces élections se déroulent à un mois des régionales et des départementales, ce qui nourrit la confusion. En outre, les futurs élus ne siégeront qu’un an à l’Assemblée nationale, avant les prochaines législatives. L’enjeu pouvait donc paraître limité.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi A Paris, les candidats à la législative partielle du 20e arrondissement redoutent 90 % d’abstention

Dans les quatre cas, pourtant, ces élections étaient scrutées de près, notamment pour leur valeur de test avant les régionales puis la présidentielle de 2022. Le premier tour s’est finalement révélé plutôt favorable aux sortants ou à leurs successeurs naturels, même si un certain suspense est maintenu à Paris. Le parti Les Républicains (LR) peut y trouver matière à satisfaction, alors que les écologistes, eux, sortent perdants de cette journée.

Dans l’Oise, l’héritier Dassault fait la course en tête

Le succès le plus net est celui de Victor Habert, le candidat LR pour la première circonscription de l’Oise. Après la mort de son oncle Olivier Dassault dans un accident d’hélicoptère, l’apprenti avocat de 28 ans avait été très rapidement choisi par sa tante et investi par LR pour tenter de reprendre le flambeau familial à l’Assemblée nationale.

Le parachutage dans les Hauts-de-France de cet héritier avait alors fait tousser, à gauche comme à droite. Le nom Dassault s’est néanmoins révélé efficace. Au premier tour, l’arrière-petit-fils de Marcel Dassault est arrivé loin en tête, devant le Rassemblement national (RN) et la candidate de gauche. La République en marche (LRM) a été éliminée.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Dans l’Oise, le parachutage compliqué de l’héritier Dassault

Succès aussi pour Sophie Métadier, la maire de Beaulieu-lès-Loches, investie par l’Union des démocrates et indépendants (UDI) et LR, et soutenue par LRM en Indre-et-Loire. Elle finit nettement en tête du premier tour avec 45 % des suffrages, suivie par la socialiste Murielle Riolet (20,1 %). Elle semble ainsi à même de succéder à la députée sortante Sophie Auconie (UDI), qui a démissionné pour raisons de santé.

Brigitte Bourguignon, la ministre chargée de l’autonomie, une ex-socialiste ralliée à LRM, réalise de son côté un score encourageant dans le Pas-de-Calais. En juillet 2020, après son entrée au gouvernement, son suppléant avait refusé de prendre sa place, privilégiant ses mandats de maire et de président d’agglomération, et provoquant ainsi une élection partielle. En s’appuyant sur son ancrage local, Brigitte Bourguignon a rassemblé dimanche 35 % des suffrages, contre 24 % pour Marie-Christine Bourgeois (RN), son adversaire malheureuse en 2017.

Duel PS-LFI à Paris

A Paris, enfin, dans l’une des circonscriptions les plus à gauche de la capitale, le second tour sera marqué par un duel entre le Parti socialiste (PS) et La France insoumise (LFI).

La socialiste Lamia El Araaje, protégée d’Anne Hidalgo, est arrivée comme attendu en tête, avec 25,7 % des voix. Le PS espère bien conserver cette circonscription, la seule qu’il a gardée dans la capitale lors de la déferlante macroniste de 2017. Mais Danielle Simonnet (20,8 %), la candidate LFI, très active dans les quartiers populaires, entend bien faire mentir les pronostics, en séduisant une partie des électeurs écologistes (18,4 %), et ceux du Parti communiste (10,6 %), qui a réalisé son meilleur score depuis quarante ans dans l’arrondissement (20e).

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Législative partielle à Paris : droite et gauche jettent leurs dernières forces dans la bataille

François-Marie Didier (LR) envisage de son côté de déposer un recours. Arrivé en troisième position (18,5 %), il a probablement été la principale victime de l’arrivée in extremis d’un candidat dont les bulletins affichaient le logo de LRM, alors qu’il n’avait pas été investi par le parti présidentiel ; celui-ci a même tenté en vain d’interdire cette manipulation.



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *