Emmanuel Macron veut toujours projeter la France dans « le monde d’après »


Emmanuel Macron visite le village de Saint-Cirq-Lapopie au cours d'un déplacement dans le Lot, mercredi 2 juin 2021.

Le « monde d’après » n’a pas encore tout à fait balayé le « monde d’avant », mais il l’ébranle sévèrement. Lors de la première étape de son « tour de France », dans le département du Lot, d’abord à Saint-Cirq-Lapopie, mercredi 2 juin, puis à Martel et Cahors, jeudi 3, Emmanuel Macron n’a pas laissé de place au doute : il est temps, pense-t-il, d’écrire le dernier chapitre de son quinquennat. Pressé de quitter le rôle trop longtemps endossé de gestionnaire de la crise du Covid-19, le chef de l’Etat a enfilé sans peine le costume d’un réformateur en mouvement. Le même que celui du candidat « en marche » qui, à l’aube de 2017, promettait de projeter la France dans une économie mondialisée. Ou presque.

« En 2016 le temps était à la libération de l’économie. C’était celui de l’émancipation et de la mobilité », explique-il jeudi depuis Martel. La crise des « gilets jaunes » en 2018 a marqué le « retour d’une France inquiète, poursuit-il. Ensuite il y a eu la pandémie qui nous a bousculés dans l’intimité de nos vies. On en ressort avec une société qu’il nous faut qualifier ».

Lire le reportage : Emmanuel Macron en campagne dans un pays de Cocagne

Les procès en arrogance dressés ces dernières années ont, semble-t-il, obligé le président de la République à opter pour une méthode moins brutale que celle qui avait contribué à le hisser au pouvoir. Armé de son « bâton de pèlerin » pour « aller au contact direct » des Français, Emmanuel Macron affirme aujourd’hui vouloir, en premier lieu, « savoir dans quel état est le pays ». « Je veux écouter. On ne procède pas à des réformes comme on administre une potion. On n’est pas des docteurs Diafoirus », explique-t-il, assurant qu’il n’a pas « d’idées cachées ».

Emmanuel Macron, président de la république, visite le village de Martel le 3 juin 2021.

Si la première halte de sa campagne à Saint-Cirq-Lapopie, minuscule citée médiévale, lui aura surtout offert un bain de foule avec un public macroniste acquis à sa personne et à sa cause, les échanges orchestrés par le maire de Martel, Raphaël Daubet (Mouvement radical) jeudi, auront davantage aidé le locataire de l’Elysée à « prendre le pouls » du pays.

« On n’a pas été déçus mais on n’a pas été surpris »

Pendant plus de deux heures, une trentaine de « retraités actifs », c’est-à-dire investis dans la vie associative et communale, sélectionnés par M. Daubet, ont énuméré leurs préoccupations, leurs états d’âmes et leurs interrogations. Il fut question de déserts médicaux, d’écoles fermées dans les zones rurales, d’écologie, d’Europe mais aussi de retraites que l’on veut plus égalitaires ou de l’insécurité qui inquiète.

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