Sur la route des Jeux: Le breaker Mounir retrouve « l’amour des battle et cette sensation est ouf »


Privé de compétition depuis un an et demi, le danseur Mounir Amhlin a enfin retrouvé « l’amour des battle », ce duel au sol rythmé par les sons d’un DJ qui fait l’essence du breaking (ou breakdance), olympique en 2024. « Et cette sensation, elle est ouf! ».

Jusqu’aux Jeux de Paris en 2024, B-boy Mounir – les breakers ont un +blaze+: B-boy ou B-girl suivi d’un nom ou surnom – raconte à l’AFP son parcours. Dans ce deuxième épisode, il revient sur l’épreuve française qualificative pour le grand rendez-vous mondial, le RedBull BC One. Il s’est arrêté en quarts de finale, frustré, mais revigoré.

« Ça faisait plus d’un an qu’on ne s’était pas vu avec les danseurs alors qu’on se voit quasiment tous les week-ends. Et c’est bizarre, j’ai pas senti ce truc +oh ça fait longtemps que je t’ai pas vu+.

(Dès les qualifications samedi) J’ai voulu me mettre dans un état de totale concentration. Je suis allé à la salle tout seul, j’ai mis ma capuche pour m’enfermer, j’ai mis de la musique, je voulais rester dans ma bulle.

Le Français Mounir Amhlin, lors des Championnats de France de breaking, le 29 mai 201 à Lyon, qualificatifs pour la finale mondiale BC One, qui se déroulera à Gdansk au mois de novembre 2021 (AFP/Archives - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK)

Le Français Mounir Amhlin, lors des Championnats de France de breaking, le 29 mai 201 à Lyon, qualificatifs pour la finale mondiale BC One, qui se déroulera à Gdansk au mois de novembre 2021 (AFP/Archives – JEAN-PHILIPPE KSIAZEK)

On nous a fait passer trente par trente. J’ai essayé de me dire +il y a 130 danseurs, ils vont d’abord en sélectionner 32, le jury ne peut pas se souvenir de tout, le seul moyen est que le caractère ressorte. On est tous fort techniquement, ce qui va faire que t’es meilleur que l’autre, c’est ta personnalité+. Moi, c’est la musicalité, j’ai essayé d’installer mon atmosphère à moi, j’ai fait un passage très propre, j’ai été pris. C’était pas une grande surprise parce que je considère que si je veux partir aux JO, je dois au moins être dans les 32 meilleurs danseurs français.

J’ai beaucoup travaillé ma danse avec des nouveaux passages, je voulais montrer un nouveau Mounir plus mature, moins +excité+, je ne voulais pas faire mauvaise impression pour mon premier battle depuis plus d’un an.

Une fois passé dans le top 16, j’ai eu une pression: là, j’ai quelque chose à prouver. Je me suis dit +c’est peut-être ton moment+. Je me suis même imaginé la photo avec le trophée.

Dimanche matin, je me suis encore plus mis dans ma bulle (…) J’ai remis la même tenue que la veille, c’est une tenue que j’avais préparée, je voulais m’habiller comme ça, couleurs sympas, vêtements simples. La tenue, c’est très important, ça reflète déjà la personnalité.

Le Français Mounir Amhlin, lors des Championnats de France de breaking, le 29 mai 201 à Lyon, qualificatifs pour la finale mondiale BC One, qui se déroulera à Gdansk au mois de novembre 2021 (AFP/Archives - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK)

Le Français Mounir Amhlin, lors des Championnats de France de breaking, le 29 mai 201 à Lyon, qualificatifs pour la finale mondiale BC One, qui se déroulera à Gdansk au mois de novembre 2021 (AFP/Archives – JEAN-PHILIPPE KSIAZEK)

Je fais mon battle, un battle très serré. Je m’attendais à une victoire, mais le jury a mis trois zéro pour lui, assez aisément. Sur le moment, ça m’a surpris. J’ai appris à ne pas réagir à chaud. Je suis sorti respirer, je ne voulais rien entendre à ce moment-là. J’aurais dû être dix fois plus fort. En face, c’était un danseur expérimenté. J’avais quand même une sacrée frustration! Mais je me dis que je suis rentré dans le top 16, avec des passages que j’avais jamais envoyés en battle et que j’avais travaillés quelques semaines avant. Je suis tombé contre un danseur qui a mis en avant mes défauts. Ça a nourri ma motivation de ouf. La motivation que j’ai perdue à cause du Covid, là je l’ai retrouvée directement! J’ai retrouvé l’amour des battle que j’ai perdu à cause du Covid, et cette sensation quand tu la retrouves, elle est ouf!

Pendant le battle, il m’a provoqué (…) Et là je suis obligé de répondre (…) J’ai direct réagi, c’est le jeu, ça fait monter la sauce, et c’est ça qui m’avait manqué, ce combat où il y a questions-réponses. Ces sensations-là sont difficiles à décrire mais trop bien à vivre.

J’ai retrouvé ce pour quoi je danse depuis des années ».



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