Accalmie sur le crédit immobilier


Même la crise sanitaire n’aura quasiment eu aucun effet sur les taux des crédits immobiliers. A peine un léger frémissement durant le premier semestre 2020, le taux moyen des prêts accordés passant de 1,12% en janvier à 1,27% en juin, hors assurance et toutes durées d’emprunt confondues, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Cette petite hausse est due aux recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) édictées en décembre 2019. Face à un montant record de 258 milliards d’euros de prêts accordés cette année-là, le HCSF a demandé aux banques d’être plus sélectives: pas plus de 33% d’endettement, des prêts d’une durée inférieure à 25 ans et la fin des financements à 110%, c’est-à-dire frais inclus. Les banques ont obtempéré en réclamant, selon les courtiers, davantage d’apport personnel. Pour les mois d’avril et de mai 2021, le taux d’intérêt moyen s’est stabilisé à un niveau historiquement bas, à 1,07%. « Si les prêts à plus de 25 ans ne représentent plus que 0,2% de la production en mai, la tranche des durées à plus de 20 ans renforce encore son poids à 56,5% de la production des crédits à l’accession », précise l’Observatoire.

 

Accalmie sur le crédit immobilier

Leçon 1 > Compensation

La hausse continue des prix de l’immobilier, qui doublent quasiment en moins de 10 ans,

a obligé les candidats à la propriété à allonger la durée de leur crédit immobilier pour pouvoir emprunter un montant plus important. Le taux d’intérêt moyen, sur cette période, lui, va varier entre 6 % et 3,5%. Il s’affiche d’abord en recul entre 2001 et 2006, avant de remonter jusqu’à 5,5%, au moment où éclate la crise des subprimes, tandis que le niveau d’apport personnel requis reste relativement stable.

Leçon 2 > Réduction

Malgré la crise financière de 2011 et le fléchissement ponctuel des prix de l’immobilier qui a suivi, la période 2009-2017 est marquée par la forte baisse des taux d’intérêt, qui accélère à partir de 2016 lorsque le taux d’intérêt moyen, hors assurance et toutes durées d’emprunt confondues, passe sous la barre des 2 %, afin de compenser la reprise de la hausse globale des prix. Les banques se livrent une concurrence acharnée pour capter de nouveaux clients et le niveau d’apport personnel requis est divisé par deux.

Leçon 3 > Restriction

Tancées par le Haut conseil de stabilité financière et inquiètes des répercussions potentielles de la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19, les banques ont durci les conditions d’octroi des crédits immobiliers. L’OAT 10 ans, qui permet aux banques de se financer, est entrée (et restée) en territoire négatif depuis 2019, ce qui leur permet de maintenir des taux d’intérêt attractifs. Mais pour réduire leur risque, elles exigent un apport personnel d’au moins 10 % afin de s’acquitter des frais liés l’achat (essentiellement droits de mutation, honoraires d’agence immobilière, etc.), ce qui devrait s’affirmer en 2021.



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