Entre campagne des régionales et promotion de son livre, le « tour de France » parallèle d’Edouard Philippe


Edouard Philippe, venu soutenir la candidature de Marc Fesneau aux régionales, aux Halles de Tours le 4 juin 2021.

« Vous connaissez Marc Fesneau ? » Si ce n’est pas le cas, Edouard Philippe se charge des présentations. En ce vendredi 4 juin, l’ancien premier ministre paraît jouer à domicile aux halles de Tours, même s’il n’y avait encore jamais mis les pieds, contrairement au candidat qu’il est venu soutenir. La tête de liste de la majorité pour les élections régionales des 20 et 27 juin en Centre-Val de Loire n’en prend pas ombrage, au contraire : la présence du maire du Havre (Seine-Maritime) permet d’attirer l’attention des badauds comme des journalistes.

Edouard Philippe se rue sur les assiettes qu’on lui tend, flatte ces « jeunes filles » de commerçantes, et réclame à un charcutier qu’il lui fasse goûter son foie gras : « On me dit que vous êtes un poète. » Cette journée de campagne, il affirme ne pas la mener au nom de la majorité présidentielle, mais de l’« amitié » qu’il voue au ministre des relations avec le Parlement. « Ce qui m’intéresse, c’est la personnalité des gens plus que leur appartenance partisane », assure-t-il. Ce qui n’empêche pas d’apprécier les deux en même temps.

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Après avoir accompagné en grande pompe dans les médias la sortie de son livre, Impressions et lignes claires (JC Lattès), coécrit avec son ancien conseiller Gilles Boyer, Edouard Philippe accomplit aujourd’hui un « tour de France à bas bruit », selon l’expression d’une ministre. En parallèle de celui d’Emmanuel Macron. Le maire du Havre court les librairies pour assurer des séances de dédicaces qui lui permettent de constater son insolente popularité. Le duo a déjà visité les treize régions métropolitaines françaises, et compte bien repartir pour un tour. Vendredi, la journée s’est achevée par quelques signatures à Orléans.

Selon l’institut GFK, Edouard Philippe et Gilles Boyer ont vendu 38 000 exemplaires, depuis le 7 avril, de cet ouvrage racontant leurs trois années d’exercice du pouvoir à Matignon. Loin d’être déshonorant, mais il a fallu moins de temps que ça à Philippe de Villiers pour écouler 63 000 exemplaires de son Jour d’après (Albin Michel), récit aux relents complotistes consacré à l’épidémie de Covid-19.

Le juppéiste étoffe son réseau

Ces déplacements représentent l’occasion de nouer des contacts politiques en vue de l’élection présidentielle de 2022, pour laquelle Edouard Philippe continue d’entretenir le mystère : compte-t-il être lui-même candidat, ou bien se ranger derrière le chef de l’Etat ? Selon un proche, le maire du Havre croit « de moins en moins » à l’hypothèse d’un Emmanuel Macron renonçant à se présenter sur la ligne de départ en 2022, ce qui l’aurait installé dans le rôle du recours.

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