le directeur général d’Axa appelle à la création d’un nouveau mécanisme d’indemnisation


«Il faut imaginer un nouveau mécanisme à la manière du régime public-privé mis en place pour couvrir les catastrophes naturelles et les attaques terroristes», estime Thomas Buberl.

«Il faut être clair : il y aura d’autres pandémies.» Alors que l’économie reprend progressivement des couleurs après une année et demie marquée par l’épidémie de coronavirus, le directeur général d’Axa appelle à repenser la manière dont sont assurés les acteurs économiques face aux risques liés aux pandémies. Thomas Buberl propose ainsi la création d’un «nouveau mécanisme public-privé», qui serait instauré «à la manière du régime mis en place pour couvrir les catastrophes naturelles et les attaques terroristes», explique-t-il auprès du Parisien.

«Nous avons pour la première fois subi un sinistre qu’aucune assurance au monde ne peut couvrir : celui d’une pandémie et d’un confinement à l’échelle mondiale. Nous avons déjà eu des cas de restaurants fermés à cause de la salmonelle, et, dans ce cas, on couvrait la perte d’exploitation. Mais si tous les restaurants ferment, nous ne sommes plus en mesure d’assurer,» insiste Thomas Buberl.

Une première tentative en 2020

Un régime d’assurance obligatoire pour couvrir les fermetures administratives liées à une pandémie a déjà été envisagé par le gouvernement. En 2020, il avait même fait l’objet de plusieurs mois de négociations: Bercy et les représentants de la profession d’assureurs avaient longuement échangé pour créer un tel régime d’indemnisation, associant les pouvoirs publics et les assurances privées.

Prenant du retard faute de consensus, ce projet a finalement été enterré par le ministère de l’Économie et des Finances au mois de décembre 2020. «J’ai entendu les inquiétudes de toutes les entreprises qui ne veulent pas de charges nouvelles, qui seraient insupportables pour elles», a justifié Bruno Le Maire à l’époque. Le ministre de l’Économie jugeait alors «disproportionné» le coût d’une telle assurance face au risque de l’émergence d’une pandémie, qu’il estimait moins fréquent que celui des catastrophes naturelles, par exemple.

Axa a mis la main à la poche

En l’absence de régime d’assurance couvrant les conséquences d’une pandémie, assureurs et restaurateurs ont mené, depuis le début de la crise sanitaire, des négociations tendues sur la question de l’indemnisation. Au total, 1 500 procédures judiciaires visent par exemple le groupe Axa en France. Les décisions de justice qu’elles ont engendrées se sont jusqu’à présent révélées hétérogènes, mais force est de constater que l’assureur a souvent perdu.

Après ces mois de bras de fer, Axa a finalement décidé de débloquer une enveloppe à hauteur de 300 millions d’euros pour 15 000 d’entre eux. Sont concernés les restaurateurs ayant souscrit le contrat d’assurance qui garantit l’indemnisation de pertes d’exploitation liées à une fermeture administrative.

«On veut mettre ça derrière nous», indiquait jeudi Thomas Buberl, soulignant que l’enveloppe débloquée par l’assureur «n’est pas une indemnisation, c’est une transaction» à hauteur de 20.000 euros par dossier environ. Cela signifie que si les clients l’acceptent, ils devront du même coup renoncer à toute action en justice contre l’assureur dans ce dossier.

Une proposition qui n’est pas à la hauteur, selon plusieurs syndicats de restaurateurs: «20 000 euros de dédommagement, c’est dérisoire», a ainsi jugé Didier Chenet, président du GNI, syndicat patronal des indépendants de l’hôtellerie-restauration. «Ils ne couvrent que la partie restauration, le chiffre d’affaires de l’hôtellerie n’est pas pris en compte dans l’indemnisation or nous avons des hôteliers restaurateurs qui ont des contrats qui couvent la totalité de l’activité», a-t-il poursuivi, engageant ses adhérents «à négocier de véritables compensations».



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