Saclay prête à conquérir la tech mondiale


Saclay prête à conquérir la tech mondiale

La Silicon Valley française sort enfin de terre, à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Paris. Rêvé par de Gaulle, dans les années 1960, mis en œuvre par la loi de 2010 relative au Grand Paris, le grand pôle tricolore d’excellence technologique de renommée internationale a bien failli ne jamais voir le jour, longtemps empêtré dans les querelles politiques et les rivalités académiques. La visite d’Emmanuel Macron, en octobre 2017, sur le campus de CentralSupélec, et son discours sur la nouvelle orientation du site a remis le projet en selle.

Une ville entière est en train de sortir de terre : plus de 2 millions de mètres carrés. Il s’y concentre à présent 15 % de la recherche publique et privée nationale. Et une impressionnante puissance de feu académique autour de l’Ecole polytechnique et de l’université de Paris-Saclay, qui englobe elle-même quatorze universités, grandes écoles et organismes, représentant 14 % des publications de recherche nationales. Le regroupement de ces établissements sous la même bannière était un des points les plus sensibles dans la construction de cet écosystème.

Aujourd’hui, le nouvel ensemble e place du classement de Shanghai, toutes disciplines confondues. Plus de 35 000 étudiants et 10 000 enseignants-chercheurs travaillent sur

le plateau de Saclay, en pleine effervescence malgré la crise du Covid. Quelque 425 000 emplois y ont déjà été créés, dont 10 % dans la R&D. Le pôle Paris-Saclay se vend désormais, en France comme à l’international, comme l’ Innovation playground – le terrain de jeux de l’innovation. Et de Danone à Orange en passant par EDF, la plupart des grandes entreprises françaises ont installé ici leur centre de R&D. A certaines conditions. « Avant de s’installer, les entreprises veulent connaître notre politique d’engagement RSE, notamment vis-à-vis des quartiers en difficulté englobés dans la zone » , explique Philippe Van de Maele, directeur général de l’Etablissement public d’aménagement (EPA) de Paris-Saclay. Plus de 500 start-up sont également installées dans une quarantaine d’incubateurs ou d’accélérateurs.

Pour rivaliser avec les grands hubs internationaux, il manque encore deux ou trois atouts au modèle français. D’ici à 2025, la ligne 18 du métro permettra de mieux desservir le site, surpassant sur ce point la Silicon Valley, bien mal reliée. En revanche, Saclay doit encore démontrer sa capacité à attirer les équipes de chercheurs de grands groupes étrangers et les indispensables fonds de capital-risque.

ZAC de Moulon.
            
            Ce secteur rassemble la plupart des quatorze universités, divers organismes et grandes écoles formant l'université de Saclay, 14e au classement de Shanghai 2020.

 

ZAC de Moulon.

Ce secteur rassemble la plupart des quatorze universités, divers organismes et grandes écoles formant l’université de Saclay, 14e au classement de Shanghai 2020.

(Alain Gervais/Alticlic/SP)

 

L'Institut polytechnique de Paris. Sur le campus historique de l'Ecole polytechnique, il rassemble cinq écoles d'ingénieurs. Une quinzaine d'exploitations agricoles l'entourent.

 

L’Institut polytechnique de Paris. Sur le campus historique de l’Ecole polytechnique, il rassemble cinq écoles d’ingénieurs. Une quinzaine d’exploitations agricoles l’entourent.

(Alain Gervais/Alticlic/SP)

 

Groupe scolaire du Moulon. La livraison de centaines de logements familiaux, fin 2019, change le climat du quartier du Moulon, habituellement déserté après les cours.
            Imaginé par le cabinet Dominique Coulon et associés, le groupe scolaire symbolise la vitalisation du secteur, avec son gymnase et son centre de loisirs. Une palette de commerces et la ligne 18 du métro compléteront cette dynamique.

 

Groupe scolaire du Moulon. La livraison de centaines de logements familiaux, fin 2019, change le climat du quartier du Moulon, habituellement déserté après les cours.

Imaginé par le cabinet Dominique Coulon et associés, le groupe scolaire symbolise la vitalisation du secteur, avec son gymnase et son centre de loisirs. Une palette de commerces et la ligne 18 du métro compléteront cette dynamique.

(Eugeni Pons/SP)

 

Halle multisports. Grande frustration : la superbe halle torsadée, conçue par le cabinet Stoffel-Lefebvre, a été ouverte en 2019, juste avant d'être refermée à cause du confinement. Avec le retour à la normale, les amateurs vont pouvoir profiter de ce site de plus de 1 700 m2 qui compte quatre salles : judo, boxe, musculation et un espace polyvalent.

 

Halle multisports. Grande frustration : la superbe halle torsadée, conçue par le cabinet Stoffel-Lefebvre, a été ouverte en 2019, juste avant d’être refermée à cause du confinement. Avec le retour à la normale, les amateurs vont pouvoir profiter de ce site de plus de 1 700 m2 qui compte quatre salles : judo, boxe, musculation et un espace polyvalent.

(Carlos Ayesta/SP)

 

Campus EDF. Inauguré en 2016, il se présente comme le premier centre européen dans l'univers de l'énergie. Plus de 20 000 personnes y passent chaque année pour profiter de deux simulateurs de conduite de centrale nucléaire, des chantiers écoles, d'un showroom sur les nouvelles techniques d'apprentissage… Les cinq bâtiments (près de 80 000 m2 ), dont un hôtel, se veulent exemplaires en matière d'environnement.

 

Campus EDF. Inauguré en 2016, il se présente comme le premier centre européen dans l’univers de l’énergie. Plus de 20 000 personnes y passent chaque année pour profiter de deux simulateurs de conduite de centrale nucléaire, des chantiers écoles, d’un showroom sur les nouvelles techniques d’apprentissage… Les cinq bâtiments (près de 80 000 m2 ), dont un hôtel, se veulent exemplaires en matière d’environnement.

(Carlos Ayesta I Hanslucas/SP)

 


Gilles Fontaine



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