En France, la reprise tient ses promesses, la prévision de croissance revue à la hausse


« C’est l’euphorie générale, tous nos clients sont débordés. La principale préoccupation des chefs d’entreprise, aujourd’hui, est de gérer les problématiques de ressources humaines ! » Pour Céline Chicot, associée au sein du cabinet d’expertise-comptable GMBA, la reprise est là, et bien là. Son confrère Frédéric Maillard, du réseau Exco, qui accompagne beaucoup d’entreprises tertiaires, notamment dans la restauration, renchérit : « On ne peut même pas dire que ça reprend crescendo : la reprise a été immédiate et très dynamique. Hormis quelques hôtels qui n’ont pas retrouvé leur clientèle, mes clients sont plutôt confrontés à des problèmes d’approvisionnement – et des prix d’achat qui augmentent… celui du veau, par exemple, a doublé. Les chefs d’entreprise ont des cernes sous les yeux, mais ils sont heureux. »

La Banque de France, qui a publié son enquête mensuelle de conjoncture lundi 14 juin, le confirme : l’activité a sensiblement accéléré en mai, à la suite des étapes de déconfinement, et le rebond s’annonce même plus rapide que prévu. Le produit intérieur brut (PIB) devrait regagner un demi-point au deuxième trimestre 2021, après avoir reculé de 0,1 point au premier trimestre. Les perspectives permettent à l’institution financière de réviser à la hausse ses projections. La croissance de l’économie française pourrait ainsi atteindre 5,75 % à la fin de l’année, au lieu des 5,5 % prévus il y a trois mois. Un chiffre nettement supérieur à celui de la moyenne de la zone euro, qui s’établit à 4,6 %. La croissance du PIB s’établirait ensuite à 4 % en 2022, puis à 2 % en 2023. « Elle retrouverait alors le même rythme que ce que l’on estimait à cet horizon avant la crise sanitaire », indique la Banque de France.

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Pour l’heure, ce sont en grande partie les Français qui alimentent, par leurs dépenses, cette dynamique. Faute de pouvoir partir en week-end, frustrés de sorties, ils se sont non seulement agglutinés aux terrasses des restaurants dès la levée des restrictions, mais se sont rués sur les articles de bricolage, les téléphones ou les ordinateurs portables, les livres, les bicyclettes et autres deux-roues. Les ventes de détail hors alimentation ont bondi de 28 % en mai, les ménages ayant des économies à dépenser.

Selon les derniers chiffres, « l’épargne Covid » a atteint 142 milliards d’euros fin mars et pourrait avoisiner les 180 milliards à la fin de l’année. « Cela représente une réserve de croissance pour les années suivantes pouvait aller jusqu’à 7 points de PIB », souligne Olivier Garnier, chef économiste de la Banque de France. Environ 20 % de cette épargne serait dépensée ou investie dès cette année, dans l’aménagement du logement notamment.

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