Malgré le Ségur, les soignants dans la rue pour défendre l’hôpital public


Manifestation de soignants pour défendre l’hôpital public, devant le ministère de la santé, à Paris, le 21 janvier 2021.

Alors que la pression à l’hôpital diminue à la faveur d’une baisse des patients contaminés par le Covid-19, les professionnels de santé seront de nouveau dans la rue, mardi 15 juin. Un an, quasiment jour pour jour, après les premières manifestations post première vague, et avec les mêmes mots d’ordre, plusieurs syndicats et collectifs du monde de la santé appellent à manifester pour l’hôpital public. Des rassemblements sont prévus dans toute la France.

Au cours de cette année marquée par la pandémie de Covid-19, les accords du Ségur de la Santé – le plan acté par le gouvernement en juillet 2020 pour l’hôpital – ont prévu une hausse de rémunération de 183 euros pour les personnels paramédicaux et non-médicaux des établissements hospitaliers et des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), appliquée depuis six mois. À compter du 1er octobre, les grilles salariales des personnels paramédicaux de la fonction publique hospitalière doivent également être revalorisées.

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Mais pour les organisations qui appellent à la mobilisation et à la grève (CGT, SUD-Santé, Action praticiens hôpital, SNPI-CFE-CGC, Collectifs inter-hôpitaux et inter-urgences…), le compte n’y est pas. Elles réclament une hausse des rémunérations, pour atteindre les 300 euros demandés il y a un an déjà, mais aussi un recrutement massif et l’arrêt des fermetures de lits.

Fuite des soignants

« Lors de la troisième vague, l’hôpital s’est retrouvé dans une situation toujours plus dégradée, avec moins de personnels », dénonce Christophe Prudhomme, délégué national à la CGT Santé. La fuite de soignants, constatée par les syndicats après l’été 2020, a repris selon eux depuis le 1er juin, avec la fin du « plan blanc » dans de nombreux hôpitaux, qui gelait toute demande de mise en disponibilité. Les mesures du Ségur n’ont pas eu l’effet d’attractivité escompté. « Certains changent carrément de métier, ils ont un sentiment d’abandon », abonde Jean-Marc Devauchelle, secrétaire général de SUD-Santé Sociaux.

Si aucun chiffre ne permet de mesurer l’ampleur de cette fuite de l’hôpital public, une enquête de la Fédération hospitalière française (FHF) menée auprès de 300 établissements recensait, au lendemain de la première vague, en septembre 2020, 12 200 départs d’infirmières et d’aides-soignants, soit un chiffre en « légère hausse » par rapport aux années précédentes.

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« Avant le Ségur, les infirmiers se situaient à – 20 % par rapport au salaire moyen européen, pointe Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers-CFE-CGC. Depuis la revalorisation, on est encore à – 10 %. »

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