une fin de campagne sous pression pour la majorité présidentielle


La ministre chargée de la citoyenneté, Marlène Schiappa, en meeting de campagne pour le candidat LRM en Ile-de-France, Laurent Saint-Martin, à Paris, le 12 juin.

Que reste-t-il d’un quinquennat ? Des réformes, la gestion de crises inattendues, quelques discours marquants, mais aussi le chemin ouvert par un président de la République à son successeur, parfois à son corps défendant. « Si je bats Marine Le Pen et que nous arrivons au bout de la recomposition de la vie politique et de notre action, je suis convaincu que la raison d’être du Front national sera très affaiblie », affirmait Emmanuel Macron dans un entretien au Monde, le 3 avril 2017.

Quatre ans plus tard, le Rassemblement national (RN) se pose plus que jamais en épouvantail de la vie politique française. A en croire les sondages, le parti d’extrême droite paraît en mesure d’emporter au moins une région à l’occasion des élections régionales des 20 et 27 juin. Ce qui serait une première. Une perspective vue par Marine Le Pen comme un marchepied vers l’Elysée avant le scrutin présidentiel de 2022.

Décryptage : Mode de scrutin, enjeux politiques, domaines de compétence : comment fonctionnent les élections régionales

Face à ce risque, la majorité navigue dans le brouillard, au point d’alimenter un sentiment de nervosité au sommet de l’Etat. « Le pays est dans un état de confusion politique extrême », constate un député La République en marche (LRM). Difficile de lire avec clarté l’état d’une société mise à l’arrêt pendant plus d’un an par la crise sanitaire due au Covid-19. « Il y a trois grandes questions : le niveau de l’abstention, la mobilisation ou non de la gauche contre le RN au second tour, et le fait de savoir s’il faudra tirer ou pas une lecture nationale du scrutin », souligne un proche du chef de l’Etat.

Les attaques de l’exécutif contre l’extrême droite partent tous azimuts ces derniers jours, au risque de manquer leur cible. Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a ainsi été accusé de crier au loup pour avoir lancé qu’une victoire du RN dans une région frapperait d’une « marque satanique » le territoire concerné.

Son collègue de la justice, Eric Dupond-Moretti, candidat comme M. Darmanin sur la liste de la majorité dans les Hauts-de-France, critique, pour sa part, ceux qui exploitent le « filon » de l’insécurité à des fins politiques. « Sur certaines chaînes d’info en continu, un crime, qui faisait l’objet d’une information, fait aujourd’hui l’objet de cinquante informations », a-t-il dénoncé, dimanche, sur Radio J, dans une référence explicite à CNews, devenue, selon lui, « la chaîne de Marine Le Pen ».

Minces chances de victoire

L’altercation filmée à Péronne (Somme), la veille, entre le garde des sceaux et le militant identitaire Damien Rieu, candidat du RN aux départementales, a montré que cette stratégie de pression maximale pouvait lui revenir comme un boomerang. Accusé par son interlocuteur d’être venu « promener sa Rolex » et sommé de travailler « car la justice en a besoin », au lieu de faire campagne, le garde des sceaux est apparu sans voix.

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