fbpx

Les JO Olympiques de Tokyo deviennent des Jeux digitaux



Les JO Olympiques de Tokyo deviennent des Jeux digitaux

Il y a dix ans, le Japon avait connu le tsunami de Fukushima. Il subit aujourd’hui une deuxième catastrophe. Les organisateurs des JO de Tokyo (23 juillet-8 août) ont annoncé que face à la recrudescence du coronavirus les Jeux se dérouleraient essentiellement à huis clos. Cette décision a été prise dans la foulée de celle du gouvernement japonais de réinstaurer un état d’urgence jusqu’au 22 août- le quatrième depuis le début de la crise sanitaire. Jusqu’ici le Japon avait été relativement épargné par la pandémie de Covid-19, avec environ 15.000 décès recensés depuis début 2020. Mais avec seulement 15% de la population vaccinée, le gouvernement est inquiet. Les experts craignent que le variant Delta, qui représente 30% des cas au Japon, ne provoque une nouvelle vague susceptible de submerger les hôpitaux du Japon.

En mars dernier, le comité organisateur avait déjà décidé d’interdire les Jeux aux spectateurs étrangers. Mais des Jeux dans un huis clos quasi-total, c’est une première. Ces JO de Tokyo seront tristounets. Plusieurs athlètes ont refusé de venir. Ce vendredi matin, le public a été tenu à l’écart de la cérémonie marquant l’arrivée de la flamme olympique. Le premier choc s’est déroulé l’an dernier quand les organisateurs décidaient de reporter d’une année les Jeux

de 2020. « En 1940, les Jeux qui devaient déjà se dérouler à Tokyo avaient été annulés en raison de la guerre, note Armand de Rendinger, consultant international pour l’olympisme. Ce fut ensuite la même chose pour les JO de Londres de 1944. Mais reporter des Jeux en temps de paix, cela n’était jamais arrivé. »

Le CIO avait attribué les Jeux à Tokyo en septembre 2013, deux ans tout juste après la catastrophe de Fukushima. Mais depuis l’arrivée de la pandémie, les organisateurs vivent un cauchemar. Les sondages montrent que la majorité des Japonais sont opposés à la tenue de l’événement. Le quotidien Asahi Shimbun, sponsor des Jeux, a demandé leur annulation. Tout comme les associations médicales japonaises. Après moultes hésitations, le gouvernement a finalement décidé de les maintenir. Essentiellement pour des raisons politiques. L’an prochain auront lieu les JO d’hiver de Pékin et les Japonais ne voulaient pas perdre la face devant les Chinois.

Lire aussiL’addition olympique des JO de Tokyo dans le viseur de ses opposants

Ambiance aseptisée

La mesure prise vendredi par les organisateurs va marquer durablement l’histoire de l’olympisme. Sans spectateurs, tout le modèle économique des JO est chamboulé. En 2014, NBC avait signé avec le CIO un méga contrat de près de 8 milliards de dollars pour diffuser les Jeux jusqu’en 2032. La chaîne américaine doit aujourd’hui se mordre les doigts. Les JO de Tokyo seront peut-être les derniers Jeux XXL. Le budget qui tournait initialement autour de 5 milliards de dollars a été revu à 12-14 milliards. Et en raison de la crise sanitaire, la facture oscille maintenant entre 13 et 17 milliards.  » Les organisateurs ont réussi à lever 2,7 milliards d’euros des sponsors ce qui est absolument énorme, indique Armand de Rendiger. Pendant la pandémie, les partenaires sont restés loyaux. Personne n’est parti. Mais la décision de Tokyo aura forcément un impact sur Paris 2024 et les JO suivants Cortina (2026) et Los Angeles (2028). On va vers une accélération des Jeux digitaux. »

Depuis le début de la pandémie, Paris 2024 n’est pas resté inactif.  Son président Tony Estanguet veut « optimiser et mutualiser ». Des économies de 400 millions d’euros vont être réalisées essentiellement sur les infrastructures. Mais c’est côté sponsors que le bât blesse. Paris 2024 n’a bouclé que la moitié de leur budget sponsoring (500 millions d’euros sur 1,1 milliard). Et seuls trois partenaires premium – BPCE, Orange et EDF- ont signé. Les organisateurs sont à la recherche de nouvelles sociétés. Mais si les Jeux du futur se déroulent dans une ambiance aseptisée sans spectateurs, qui voudra signer?



Lire la suite
www.challenges.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.