au moins 5 millions de personnes pourront recevoir une troisième dose de vaccin


Cette liste «pourra être complétée», selon les précisions de la Haute autorité de santé, attendues ce mois-ci, a déclaré le ministère de la Santé ce jeudi.

Officialisée mercredi, la future campagne vaccinale de rappel sur laquelle planchent les autorités sanitaires va se déployer rapidement, dès la rentrée. Et ce, afin de renforcer la protection des personnes les plus fragiles face à l’épidémie. Ce jeudi, lors d’un point presse, le ministère des Solidarités et de la Santé a souligné qu’un «consensus scientifique» se formait autour de l’idée qu’un «phénomène d’affaiblissement des barrières immunitaires» était visible chez les personnes les plus fragiles.

Leur protection semble s’affaiblir «dès neuf mois après la première injection», a-t-on noté. Une évolution justifiant la mise en place d’une campagne de rappel dès septembre. Le rappel prendra majoritairement la forme d’une troisième dose de vaccin, mais il pourra aussi s’agir d’une deuxième dose, pour les individus n’ayant reçu qu’une injection par le passé, ou d’une quatrième, pour les personnes immunodéprimées ayant déjà reçu trois doses.

Un «premier cercle» de cinq millions d’individus concernés par le rappel a d’ores et déjà été établi par l’exécutif, sous réserve «d’un avis favorable de l’Autorité européenne des médicaments (EMA) sur la possibilité et nécessité» d’une nouvelle dose. Cette liste «pourra être complétée», selon les précisions de la Haute autorité de santé (HAS), attendues plus tard ce mois-ci. Seraient donc invités à recevoir un rappel les résidents d’Ehpad et d’unités de soins longue durée (USLD), les personnes âgées de plus de 80 ans, les «personnes à très haut risque de forme grave» – dont la liste avait été établie en janvier dernier – ainsi que les «personnes immunodéprimées». 100.000 d’entre elles ont déjà reçu une troisième dose et s’apprêtent à en recevoir une quatrième.

La campagne «va se dérouler comme pour la première vaccination» : les résidents d’Ehpad et d’USLD seront vaccinés sur place, par les équipes médicales et paramédicales. Les commandes pourront être réalisées «via les officines dès fin août, pour de premières injections possibles mi-septembre». Les autres catégories d’individus concernés pourront se faire vacciner en centre, en pharmacie ou chez un médecin, par du Moderna ou du Pfizer selon le lieu, les deux vaccins étant considérés comme «interchangeables» par les experts. Les rendez-vous seront ouverts «au premier septembre, pour un rappel qui débute autour du 15 septembre», a indiqué le ministère.

Pour l’heure, la piste d’un rappel vaccinal pour l’ensemble de la population n’est pas retenue par l’exécutif, qui note le manque de données scientifiques justifiant une nouvelle dose pour tous les individus. Cette protection supplémentaire n’est requise que pour les plus fragiles, à ce stade.

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Un ralentissement de la campagne

La campagne vaccinale française a progressivement ralenti, ces derniers jours, à mesure que le creux du 15 août s’approche : alors qu’autour de 360.000 primoinjections étaient enregistrées quotidiennement début août, ce nombre est redescendu sous la barre des 275.000. «L’effet de boost du président de la République est en partie derrière nous», a admis le ministère. 50.000 doses d’AstraZeneca sont d’ailleurs «arrivées à péremption avant de pouvoir être utilisées», faute de demande.

Pour autant, le nombre de rendez-vous pris chaque jour pour une première injection reste «satisfaisant», et «il n’est pas exclu qu’il y ait un rebond la semaine prochaine et la suivante», a-t-on nuancé, rappelant que des individus avaient choisi de mettre de côté la vaccination durant la période estivale.

L’objectif de 50 millions de personnes ayant reçu une première injection fin août reste donc la «boussole» de l’exécutif. Ce cap représenterait 86% de la population âgée de 12 ans et plus ; il correspond également au taux d’adhésion vaccinale, autrement dit, à la proportion des Français disant vouloir se faire vacciner. «Il nous reste un peu moins de cinq millions de personnes à convaincre» pour franchir ce palier, a calculé le ministère. 1,4 million de créneaux sont d’ailleurs disponibles sur Doctolib pour les prochaines semaines.

Le fameux seuil à partir duquel l’«immunité collective» est atteinte reste cependant difficile à définir, a souligné le ministère : «le chiffre est très débattu, il évolue en fonction des connaissances» et de l’émergence de variants ou mutations. En l’état, vacciner 86% de la population âgée de 12 ans et plus «est un cap, pas une limite» : plus ce chiffre sera élevé, meilleure sera la protection collective.



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