Disney attire abonnés et estivants, sans craindre le variant Delta



Disney attire abonnés et estivants, sans craindre le variant Delta

Disney a séduit au-delà des attentes d’avril à juin, aussi bien du côté des plateformes de streaming que dans les parcs d’attraction, et le variant Delta du Covid ne semble pas parti pour affecter dramatiquement ses activités cet été.

Disney+ compte désormais 116 millions d’abonnés, bien au-delà des attentes du marché, d’après le communiqué de résultats du groupe américain publié jeudi. Le service de streaming a pourtant augmenté son prix mensuel de base à 8 dollars en avril.

Les analystes escomptaient seulement entre 113 et 114 millions d’adhérents. Le chiffre est suivi de près, comme un baromètre de la capacité du service à croître malgré la sortie progressive de la pandémie, qui a largement contribué à son succès depuis son lancement fin 2019.

« Maintenant que Disney+ a été lancé dans la plupart des marchés majeurs, le travail difficile commence. Il va falloir continuer à attirer de nouveaux abonnés tout en conservant ceux qui ont déjà souscrit », a souligné Eric Haggstrom du cabinet eMarketer.

Mais « le catalogue de streaming de Disney constitue la concurrence la plus importante pour Netflix, et Disney+ gagne du terrain rapidement sur le leader du secteur », a-t-il ajouté.

« Nos plateformes marchent très bien », s’est félicité le patron de la firme, Bob Chapek. « Nous avons désormais 174 millions d’abonnements en tout à Disney+, ESPN+ (sports, ndlr) et Hulu, et de nombreux nouveaux contenus sur le point d’être diffusés ».

– Grand soleil dans les parcs –

L’empire du divertissement a aussi ravi les investisseurs avec 17 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 923 millions de profits d’avril à juin, au lieu de la perte nette de 4,7 milliards de dollars à la même période l’année dernière, quand la crise sanitaire heurtait de plein fouet ses parcs d’attraction et croisières.

Au troisième trimestre de son exercice décalé, sa division « parcs, expériences et produits dérives » est enfin revenue dans le vert, pour la première fois depuis le début de la pandémie, notamment grâce à la levée partielle des restrictions dans les parcs d’attraction en Floride et en Californie, même s’ils fonctionnent toujours avec des capacités limitées.

L’activité a engrangé 4,3 milliards de dollars de revenus, contre 1,1 milliard il y a un an.

Avec la propagation du variant Delta, Disney a dû ré-imposer fin juillet le masque à ses visiteurs dans les endroits fermés de ses parcs d’attraction. Et Bob Chapek a mentionné lors de la conférence téléphonique pour les analystes que les réservations de groupe étaient plus facilement annulées.

Mais « de façon générale les réservations pour nos parcs sont largement au-delà du niveau du trimestre écoulé, qui était déjà remarquable », a-t-il ajouté.

– Sale temps pour les salles de cinéma –

Le variant gêne aussi le groupe dans ses décisions stratégiques concernant les sorties de films au cinéma et/ou sur Disney+.

« Nous n’avions pas anticipé, et personne d’autre non plus, la résurgence du Covid avec le variant Delta, qui a un impact significatif sur le marché », a admis Bob Chapek.

Le patron a rappelé que le groupe avait choisi de privilégier la flexibilité, pour être capable « de suivre le consommateur où qu’il aille ». Et « quand les salles ont rouvert, il y avait une immense réticence du public à revenir », a-t-il insisté.

Le film « Black Widow » est ainsi sorti en même temps sur Disney+ et dans les salles, ce qui vaut à la firme californienne des poursuites en justice de la star Scarlett Johansson. Elle accuse Disney de rupture de contrat lui ayant coûté des millions de dollars, car la sortie en ligne aurait affecté les recettes au cinéma.

« Les tactiques de Disney autour des sorties en salles vont avoir des conséquences importantes sur l’industrie », a commenté l’analyste Joe McCormack de Third Bridge. « Les experts estiment que s’ils continuent à sortir les films le même jour en personne et sur la plateforme, ils pourraient potentiellement diviser par deux l’industrie des salles de cinéma. »

Le titre du groupe s’appréciait de plus de 5% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse.



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