la ruée sur les tests atteint des sommets


La semaine dernière, près de 4,2 millions de tests antigéniques et RT-PCR ont été réalisés. Un niveau record, qui met les professionnels sous pression.

C’est une centaine d’appels quotidiens que reçoit la pharmacie du Kador, au port de Morgat dans le Finistère. «On nous demande s’il est possible de se faire tester. Mais c’est impossible, on n’a pas pu mettre de dispositif en place», confie la pharmacienne, «on est débordé», déplore-t-elle. Le temps manque, mais aussi le personnel. La pharmacie doit déjà s’occuper des 300 à 400 patients qui affluent chaque jour, pour les soins habituels. Ailleurs sur la presqu’île de Crozon, la situation est similaire, aucune des pharmacies ne réalise de test anti-Covid. Toutes sont dépassées.

Depuis l’entrée en vigueur de l’obligation du passe sanitaire ce lundi pour accéder dans les restaurants, les bars ou les trains, la demande de tests anti-Covid a explosé, particulièrement dans les zones touristiques comme sur la presqu’île, où la population est multipliée par quatre au mois d’août. Se faire dépister est devenu une mission impossible. Bertrand l’a expérimenté. Étudiant de 22 ans en vacances avec sa famille, il doit prendre un train pour rentrer à Paris en fin de semaine. «Partout où j’ai demandé, les prochains créneaux disponibles étaient à la fin du mois d’août», affirme l’étudiant en école de commerce. «J’ai même pris un rendez-vous à Brest pour être sûr, à une heure de voiture d’ici», déplore-t-il. Finalement, il a pu être reçu dans un cabinet d’infirmiers libéraux, un des seuls à proposer des tests sans rendez-vous sur la presqu’île. Lever tôt indispensable pour arriver avant les nombreuses personnes qui prennent d’assaut ce cabinet chaque matin.

La presqu’île est loin d’être un cas isolé : des scènes semblables se reproduisent dans de multiples territoires à travers l’Hexagone. La tendance était d’ailleurs visible depuis un mois : l’annonce de l’extension du passe sanitaire et la remontée de l’épidémie, la demande pour les tests n’a fait que croître, atteignant des niveaux jamais vus. La semaine dernière, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), près de 4,2 millions de tests antigéniques et RT-PCR ont été validés, un nombre en hausse de 1,6% par rapport à la semaine précédente – et de 81,45% par rapport à la mi-juillet.

Au total, depuis mars 2020, «116,8 millions de tests» ont été validés, dont un quart d’antigéniques, souligne la Drees. Le record quotidien du nombre de tests validés reste fixé au 30 juillet, lorsque plus de 850.000 prélèvements avaient été enregistrés. Le 6 août, ce cap a été presque atteint, avec plus de 835.000 tests validés.

Cette augmentation est principalement portée par les «26-40 ans», analyse la Drees, qui ajoute que le nombre de tests réalisés est «relativement stable pour les autres tranches d’âge, et même en baisse pour les moins de 16 ans».

En outre, les tests antigéniques, réalisés principalement en pharmacie et permettant d’avoir un résultat en une vingtaine de minutes, sont visiblement privilégiés par les Français : alors que leur part dans le total des tests enregistrés plafonnait, ces derniers mois, à 20%, cette proportion a bondi, s’établissant, la semaine dernière, à 58,3%. Le record du nombre de tests antigéniques a d’ailleurs été atteint le 6 août, avec 505.000 prélèvements validés. Du jamais vu.

L’extension du passe sanitaire n’y est sans doute pas pour rien : les tests antigéniques représentent plus de 60% du total de tests enregistrés dans de nombreux départements touristiques, dont la Corse-du-Sud, les Hautes-Alpes, l’Aube et les Bouches-du-Rhône. Plus rapides et souvent réalisés sans rendez-vous, ces tests permettent de valider aisément son passe sanitaire. Un argument qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

Une forte demande de tests dans les pharmacies depuis lundi

Cette tendance à la hausse ne devrait d’ailleurs pas s’interrompre : selon les premières données remontées par la Fédération des pharmaciens d’officine (FSPF), le 9 août, 471.719 actes de prélèvement ont été réalisés dans les 59% des pharmacies du territoire habilitées à réaliser les tests antigéniques.

Si la hausse de la demande de tests était prévisible, les chiffres tombés en milieu de semaine contrastent avec le nombre de prélèvements réalisés en juillet, avant les annonces d’Emmanuel Macron sur l’extension du passe sanitaire. Près de 152.319 prélèvements antigéniques avaient été réalisés par les pharmacies entre le 4 et le 6 juillet dernier contre 705.376 prélèvements réalisés entre le 8 et le 10 août.

«On est au maximum de la capacité des quelque 12.000 pharmacies qui font des tests», confie Philippe Besset, le président de la Fédération des pharmaciens d’officine (FSPF). Le syndicat a vu la demande de tests antigéniques considérablement augmenter ses dernières semaines, particulièrement les veilles de départ en vacances, le vendredi, et dans les zones touristiques.

Pour le président de la commission économique du FSPF, cet emballement sur les tests «ne va pas durer longtemps». Et pour cause, le pharmacien rappelle que «beaucoup de jeunes sont encore en plein parcours vaccinal», alors que les tests antigéniques concernent encore en grande majorité les 18-30 ans. D’après Philippe Besset, si la demande accrue de tests a été anticipée par la FSPF, le nombre de prélèvement réalisé devrait décroître après la mi-août, dans la mesure où de plus en plus de personnes voient leur passe sanitaire s’activer chaque jour en complétant leur schéma vaccinal.



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