le groupe qui recensait les «gilets jaunes» reprend du service


Pour le Nombre Jaune, le mouvement anti-passe sanitaire fait partie du même combat que celui des «gilets jaunes».

D’après les chiffres du ministère de l’Intérieur, ils étaient 237.000 à battre le pavé dans toute la France le 7 août dernier pour le quatrième samedi de manifestations anti-passe sanitaire. Et comme pour chaque nouvelle mobilisation, les critiques fusent à l’annonce du chiffre des manifestants recensés par les autorités. Depuis le 24 juillet, le compteur alternatif de manifestants le Nombre Jaune, créé à l’origine pour recenser les troupes du mouvement «gilets jaunes», a repris du service. «On connaît le boulot, on a les méthodes, on a l’équipe pour le faire. À partir du moment où on a les moyens, faisons-le !», lance Valérie, l’une des administratrices de la page Facebook, au Figaro.

«Pris de court» pour les deux premières mobilisations contre le passe sanitaire (les 14 et 17 juillet), le groupe a commencé à compter les manifestants à partir du 24 juillet. Ce samedi-là, le Nombre Jaune estime les marcheurs à 321.267 minimum sur 185 rassemblements, contre 161.000 personnes recensés par le gouvernement. Le 31 juillet, troisième samedi de mobilisation, le compteur alternatif affiche 373.540 manifestants minimum sur 192 rassemblements, contre les 204.090 donnés par le ministère de l’Intérieur. Samedi dernier, les volontaires ont compté 415.061 manifestants contre 237.000 annoncés par les autorités.

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Une méthode rodée depuis les «gilets jaunes»

La méthode n’a pas tellement évolué depuis la création de la page. Les référents sur le terrain, pour la plupart d’anciens «gilets jaunes», envoient des vidéos par message sur la page Facebook. Ensuite, Valérie les publie sur un groupe Facebook où sont réunis une petite dizaine de bénévoles, et elle répartit les vidéos pour le comptage, qui se fait soit «par densité, soit avec des vidéos complètes, ou pour certains sur place». Avec une liste précise des manifestations, si aucun chiffre n’a été donné, des bénévoles partent à la recherche du nombre de manifestants donné. En dernier recours, ils utiliseront celui récolté par les médias locaux. Une équipe de «vérificateurs» déterminent si les sources sont bonnes et veillent à la cohérence des informations.

Dans le Nombre Jaune, « on retrouve des vaccinés et des non vaccinés. On ne fait pas de débat sur ce sujet ».

Valérie

Le groupe Facebook qui réunit les bénévoles est également le même que celui des «gilets jaunes». On retrouve un professeur de l’Éducation nationale, un responsable logistique et une femme qui travaille dans l’accueil familial des personnes handicapées. Valérie est, elle, rédactrice. D’autres profils ressortent parmi les volontaires : une soignante, une retraitée, une professeure et une psychologue. «Ils sont assez variés», commente Valérie, précisant que parmi les bénévoles, certains sont vaccinés et d’autres non. «On ne fait pas de débat sur le sujet», fait-elle toutefois savoir.

Les anti-passe sanitaire, un mouvement plus hétéroclite

Le ministère de l’Intérieur et le Nombre Jaune s’accordent tout de même sur un fait : depuis la première manifestation, le 14 juillet, la mobilisation ne cesse de croître. Les rangs du mouvement grossiront-ils pour autant jusqu’à la rentrée ? «Personnellement, je pensais qu’après le Conseil constitutionnel le chiffre allait baisser, et en fait non, c’était le contraire.» Valérie ne préfère donc pas se prononcer sur le sujet. Selon elle, il y a également énormément de primo-manifestants : «Ce sont des personnes inquiètes pour le vaccin, pas forcément anti-vaccins, même s’il y en a forcément».

L’administratrice du Nombre Jaune constate que les manifestations regroupent «vraiment de tout» : «Il y a des gens politisés, pas politisés… Les «gilets jaunes» sur le terrain sont venus me dire « ah bah tient, c’est plus BCBG que les «gilets jaunes» » (…) Il est vrai que les gilets jaunes représentaient une certaine classe sociale, les invisibles, les travailleurs précaires, etc. Donc des gens qui se retrouvaient avec une certaine étiquette sociale, et là non, pas du tout.»

Pour finir, le groupe du Nombre Jaune se retrouve dans les revendications : «Si c’était une manifestation pro-passe, on ne compterait pas». «Nous estimons que ça fait partie du combat des «gilets jaunes», sur les questions de démocratie et de transparence. C’est tout ce que l’on demande depuis deux ans et demi». Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le Nombre Jaune décompte des manifestants : la réforme des retraites, la loi de sécurité globale et les manifestations des soignants à la fin du premier confinement sont aussi passées à la loupe du groupe Facebook.

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