Le risque d’une campagne présidentielle empêtrée dans la crise sanitaire


Emmanuel Macron, à Paris le 14 juillet 2021.

L’évidence s’impose, semaine après semaine : l’épidémie de Covid-19 sera un des principaux acteurs de la campagne présidentielle de 2022. On la croyait éteinte après le premier confinement ? Dopées par des variants aussi robustes qu’imprévisibles, trois nouvelles vagues ont frappé depuis le printemps 2020. La vaccination devait permettre d’éradiquer le virus ? Son efficacité relative dans la lutte contre la transmission de la maladie alimente les doutes des scientifiques sur l’hypothèse d’atteindre l’immunité collective et conduit à envisager le maintien de mesures de contrainte dans la vie quotidienne.

« La crise sanitaire n’est pas derrière nous. Nous allons vivre pour encore plusieurs mois avec ce virus », a reconnu Emmanuel Macron, le 11 août, en ouverture du dernier conseil de défense sanitaire, en partie consacré aux ravages du très contagieux variant Delta. Cette crise pourrait même déborder, selon le chef de l’Etat, sur « plusieurs mois de l’année 2022 ». Carambolage assuré avec le scrutin présidentiel, prévu les 10 et 24 avril.

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Plongée dans l’hibernation depuis près d’un an et demi à cause de la pandémie, la vie politique française peine à retrouver des couleurs. La rentrée approche – inaugurée par les journées d’été d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), à Poitiers, du 19 au 21 août –, et le paysage, dominé par Emmanuel Macron et la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, paraît figé dans l’incertitude.

Un phénomène renforcé par le désintérêt apparent des citoyens pour le débat public : les élections régionales, en juin, ont battu tous les records d’abstention enregistrés depuis vingt ans, avec une participation de seulement 33,3 % au premier tour.

« A la rentrée, les Français voudront savoir à quelles règles sanitaires seront soumis leurs enfants à l’école, si une troisième dose de vaccin sera nécessaire, ou bien si la vaccination sera rendue obligatoire. Tout ça va phagocyter la campagne électorale au moins jusqu’à la fin de l’année, anticipe Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’IFOP. La crise du Covid est venue s’ajouter à un paysage politique déstructuré depuis 2017, qui n’aide pas les gens à se positionner. »

Macron, cible des manifestants

Avec Emmanuel Macron, le jeu classique de l’alternance droite-gauche a pris fin. Alors qu’il y a cinq ans, à la fin de l’été 2016, les esprits s’échauffaient pour savoir qui d’Alain Juppé, Nicolas Sarkozy ou François Fillon (entre autres) pouvait sortir gagnant de la primaire de la droite, et ainsi tenter de succéder à François Hollande – le rendez-vous avait attiré aux urnes 4,4 millions d’électeurs au second tour.

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