Les proches d’Eric Zemmour veulent braconner sur les terres de LR


Des affiches de soutien à une candidature d’Eric Zemmour à l’élection présidentielle de 2022, à Paris, le 29 juin 2021.

Au sein du parti Les Républicains (LR), on ne sait pas bien sur quel pied danser en ce qui concerne la possible candidature à la présidentielle d’Eric Zemmour. Si les soutiens les plus visibles et affirmés du polémiste proviennent des déçus de l’extrême droite, c’est bien sur les terres de la droite qu’il compte chasser.

Depuis que l’option de la primaire se rapproche à grands pas, certains posent la question d’y intégrer Eric Zemmour : depuis juin, Julien Aubert, député du Vaucluse, et Etienne Blanc, sénateur du Rhône, réclament la participation du chroniqueur du Figaro. Le polémiste devrait aussi participer à différentes rentrées politiques, dont celle de l’ancien filloniste Rafik Smati, le 27 août, puis de M. Aubert, le 18 septembre.

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A droite, le sujet Zemmour divise. Il y a ceux, comme l’eurodéputé Brice Hortefeux, qui n’y croient même pas : « Je pense qu’il ne fait qu’un tour de piste. Mais ce sera un tour de piste aux étoiles », balaie-t-il. « Ce n’est pas parce que vous faites 800 000 téléspectateurs que vous allez y arriver en politique, c’est un leurre », insiste un autre élu. 

D’autres, à l’inverse, craignent sérieusement l’arrivée de l’auteur du Suicide français (Albin Michel, 2014) dans l’arène politique : « Déjà que l’affaire est compliquée, si on ajoute à cela le Covid et un Zemmour qui arrive dans le jeu, on ne va jamais choisir la bonne personne derrière laquelle s’unir », s’inquiète ainsi un député LR de premier plan. Dans l’entourage de Laurent Wauquiez, on espère qu’une candidature du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes pourrait découragera celle du polémiste.

« Il correspond à ce que les électeurs LR attendent »

Mais il y a aussi les enthousiastes chez LR, ceux qui accueillent à bras ouverts cette hypothèse. Si la plupart de ceux-ci se contentent d’encourager publiquement l’entrée de l’homme dans la course à droite, Sébastien Meurant, sénateur et patron de la fédération du Val-d’Oise, « humainement séduit par le bonhomme », va plus loin. Partisan de longue date du dialogue avec le Rassemblement national (RN), il s’est attelé à construire un réseau d’élus de droite destiné à porter la candidature d’Eric Zemmour si la direction du parti venait à « s’asseoir sur la démocratie et les statuts » en se rangeant derrière Xavier Bertrand, considéré comme trop à gauche par la frange la plus radicale de LR.

Dans la galaxie hétéroclite qui gravite autour du chroniqueur, on trouve notamment Antoine Diers, porte-parole des Amis d’Eric Zemmour et architecte de l’étrange visite de celui-ci à Dunkerque (Nord), en juin, dans un déplacement de campagne qui ne disait pas son nom. L’homme, tête de liste UMP aux municipales de 2014 dans la cité de Jean Bart et toujours encarté LR, croit fermement en la capacité du polémiste à emporter la « droite républicaine ». C’est le rôle qu’il s’est donné : convaincre, si ce n’est son parti, du moins les sympathisants de se ranger derrière son candidat. « Il correspond exactement à ce que les militants et électeurs LR attendent : un discours extrêmement clair sur la sécurité, l’immigration et la justice. »

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