qui sont les candidats déclarés à la primaire de la droite ?


Les figures de la droite vont d’abord être soumises à une enquête qualitative. La décision d’organiser, ou non, un scrutin pour les départager reviendra ensuite aux militants.

Le processus n’est pas encore arrêté, mais les candidats sont bien là. Le 20 juillet dernier, plusieurs prétendants à droite s’étaient déjà retrouvés dans un hôtel parisien pour discuter de la meilleure façon de choisir leur candidat à la présidentielle. Si les consultations ont continué tout l’été, les déclarations de participation à la primaire de la droite se sont succédé ces derniers jours, et d’autres pourraient encore intervenir. À partir du 30 août, les candidats seront soumis à une étude qualitative de l’Ifop censée évaluer leur image, leur capacité à incarner les valeurs de droite, et pour observer si un «candidat naturel» se dégage dans l’électorat de droite. Dernière étape, le 25 septembre, lors d’un congrès de LR où il reviendra aux militants de décider d’organiser, ou non, une primaire.

Mais la méthode pose encore question, puisque le président (ex-LR) des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, s’est depuis longtemps déclaré candidat à la présidentielle. À plusieurs reprises, l’élu l’a asséné : il ne participera pas à une quelconque méthode de départage.

  • Valérie Pécresse (Libres!)

C’est la première à être entrée dans la course de la primaire. Étape par étape, elle a avancé ses pions. Méticuleusement. Un mois après avoir été confortablement réélue à la tête de sa région d’Île-de-France, la présidente de Libres !, et d’y avoir lancé, selon elle, «80%» de son programme, Valérie Pécresse a fait part de ses ambitions élyséennes pour «restaurer la fierté française». Régulièrement, la candidate n’hésite pas non plus à mettre en avant son genre, arguant que «les femmes ne sont pas là pour jouer les numéros deux». Elle l’affirme: «Je n’ai pas peur de la primaire. Je ferai tout pour gagner et rassembler.» Sur le régalien, la Francilienne veut agir contre «l’insécurité» et «stopper l’immigration actuelle». Dans un entretien au Point, l’ancienne ministre du Budget se revendique, sur le plan idéologique, d’être «⅔ Merkel et ⅓ Thatcher.»

Michel Barnier a longtemps assuré qu’il prendrait «sa part» dans cette élection présidentielle. Élu député, sénateur, puis désigné ministre sous les mandats successifs de François Mitterrand et Jacques Chirac, il s’est récemment distingué pour son rôle de négociateur du Brexit. Fort de sa longévité dans le paysage politique – son premier mandat remonte à 1973 -, Michel Barnier oppose à Emmanuel Macron son expérience. Face à ses concurrents, il souligne aussi sa loyauté à sa famille politique. Enfin lui aussi très présent sur le régalien, Michel Barnier a créé la surprise en proposant un «moratoire sur l’immigration» d’une durée de trois à cinq ans. Il l’affirme dans Le Figaro: «Je suis candidat pour être un président qui respecte les Français et qui fait respecter la France.»

L’ancien sarkozyste puis filloniste est dorénavant à son compte. Député (LR) des Alpes-Maritimes, et président de la fédération LR du département – la plus grande au sein du parti -, Éric Ciotti s’est affirmé dans sa famille politique par des positions ancrées à droite, et très fermes sur les questions de sécurité, d’immigration ou d’islamisme. Après le retrait de Laurent Wauquiez de la course à la primaire, l’élu espère incarner cette ligne dure. Candidat déclaré, il souhaite sortir le pays «de la pente du déclin». «Mon cap est à droite, et mon objectif est simple: que la France reste la France», a-t-il ajouté sur BFMTV. Avec un créneau : liberté, identité, sécurité. Dans son camp, beaucoup qualifient cette candidature de témoignage. Avec un objectif: pouvoir peser sur le candidat de la droite en 2022.

La crise sanitaire lui a permis de s’appuyer sur ses deux casquettes. Maire de la Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) depuis 2001 et chef des urgences à l’hôpital Georges Pompidou à Paris, Philippe Juvin revendique son expérience professionnelle pour faire la différence avec ses concurrents. Depuis le début de la crise du Covid, le médecin s’est fait connaître du grand public grâce à ses nombreuses interventions médiatiques. Même si l’édile connaît toutefois un déficit de notoriété par rapport à Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse. Il reste par ailleurs proche de Nicolas Sarkozy, auprès duquel il avait participé à l’élaboration du programme en matière de santé en 2007. Après avoir lancé sa candidature à la primaire en juillet dernier, Philippe Juvin a multiplié les propositions et les déplacements, qu’il fait «sur (ses) jours de repos», comme il l’avait indiqué à L’Opinion.


Candidat hors-primaire

L’ancien ministre de la Santé est parti très tôt. Dès le mois de mars, Xavier Bertrand s’est essayé à un pari risqué : se déclarer candidat à la présidentielle, puis conditionner cette participation à sa réélection à la tête des Hauts-de-France. Pari gagné, puisqu’il a largement remporté le scrutin de juin dernier. Mais l’équation s’est ensuite compliquée: s’il souhaitait rassembler autour de sa candidature, il n’est pas parvenu pour l’instant à s’imposer comme le leader naturel de son ancienne famille politique – l’élu a quitté LR en 2017 -, et doit désormais composer avec une possible primaire – à laquelle il ne se soumettra, dit-il, en «aucun cas». Un sondage Harris Interactive pour Challenges montre qu’un duel entre deux candidats en 2022 serait destructeur pour la droite : Xavier Bertrand à 11% et Valérie Pécresse à 8% ne qualifieraient pas pour le second tour.



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