Des maires de droite et du centre se regroupent autour d’Edouard Philippe


Une quarantaine de maires de droite modérée et du centre, dont l’ancien Premier ministre Edouard Philippe, se sont réunis dimanche à Fontainebleau (Seine-et-Marne), promettant de se structurer pour « peser » davantage politiquement à l’approche de la présidentielle de 2022.

Ce rendez-vous marquait la rentrée commune de deux associations d’élus très proches: « La France audacieuse » du maire de Nice Christian Estrosi, qui a quitté Les Républicains il y a trois mois, et « La République des maires » de l’édile d’Angers Christophe Béchu, ex-LR depuis 2017.

En filigrane se dessine un espace politique penchant à droite et plutôt favorable à Emmanuel Macron, dont la figure de proue pourrait devenir à terme, s’il se concrétisait davantage, Edouard Philippe. Parmi les participants dimanche se côtoyaient l’habituel réseau de l’ancien pensionnaire de Matignon, du maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc à celui de Toulon Hubert Falco, en passant par Alain Chrétien (Vesoul), Arnaud Robinet (Reims) etc.

Un nouveau pas dans la consolidation de ces galaxies a donc été accompli, avec dans le viseur 2022. « Il faut qu’on se voie de manière plus intense et que l’on réfléchisse à une forme de structuration qui nous permette de peser de manière politique dans les mois à venir », a résumé M. Béchu, dont l’association tiendra son congrès chez M. Philippe au Havre début octobre.

M. Estrosi a de son côté précisé le positionnement de ces maires, à la fois « indépendants par rapport à n’importe quelle structure partisane », mais aussi « partenaires loyaux de l’Etat ».

« Force est de constater que le président de la République, ses gouvernements, nous ont consultés régulièrement » lors de la crise du covid notamment, « ont été à notre écoute, nous ont permis d’être complémentaires pour faire face aux grandes craintes de nos concitoyens », a encore salué le maire de Nice, qui a claqué la porte de LR à l’occasion des élections régionales.

Mais « nous n’entendons pas être un tremplin pour quelque candidat que ce soit chez nous », a tempéré le maire de Nice.

Sur le fond, ces élus veulent pousser pour ne pas que « cette campagne présidentielle passe à côté des enjeux de territoire et d’organisations municipales », a insisté M. Béchu.

Edouard Philippe lors d'une conférence de presse sur la situation sanitaire à Matignon le 19 avril 2020 (POOL/AFP/Archives - Thibault Camus)

Edouard Philippe lors d’une conférence de presse sur la situation sanitaire à Matignon le 19 avril 2020 (POOL/AFP/Archives – Thibault Camus)

Observant que la règle de non-cumul des mandats conduit les maires à ne plus pouvoir « s’exprimer au Parlement », M. Estrosi a dit vouloir « accompagner la réflexion du chef de l’Etat et son gouvernement sur de nouvelles étapes de la décentralisation », notamment dans le cadre de l’examen de la loi 3DS prochainement attendue à l’Assemblée.

Par ailleurs, MM. Béchu et Estrosi se sont dit froissés de la « brutalité » avec laquelle la succession s’organise au sein de la puissante Association des maires de France (AMF), actuellement dirigée par le maire LR de Troyes François Baroin. Ce dernier a annoncé transmettre le témoin au maire LR de Cannes David Lisnard, qui continuera à faire tandem avec le vice-président André Laignel, maire PS d’Issoudun.

Dans ce contexte, une réflexion a été entamée dimanche pour élaborer une liste concurrente, avant le dépôt des candidatures le 8 septembre.



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