Le maintien du référendum en Calédonie est « une déclaration de guerre », accusent des indépendantistes


Le maintien de la date du 12 décembre pour le référendum sur l’indépendance de l’archipel français de Nouvelle-Calédonie « s’apparente à une véritable déclaration de guerre contre le peuple kanak », a estimé Palika-FLNKS, l’une des deux principales branches du parti indépendantiste FLNKS, qui réclame un report en raison de l’épidémie de Covid-19.

« Cette décision inique relève de la provocation politique. Elle nous ramène à la case départ d’avant les accords de Matignon (1988) et de Nouméa (1998) et met à mal toute possibilité de dialogue sur l’avenir du pays », a déclaré dans un communiqué le Bureau politique du Palika (Parti de libération kanak).

« L’entêtement de l’Etat (…) pourrait engendrer une situation de tension dangereuse pour la paix civile », a encore prévenu le Palika, dont le chef de file, Paul Néaoutyine, est signataire de l’accord de Nouméa et président de la province Nord.

Le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, Patrice Faure, a annoncé vendredi lors d’un déplacement officiel dans un village géré par les indépendantistes, que le gouvernement avait pris la décision de maintenir le troisième et dernier référendum de l’accord de Nouméa au 12 décembre.

Il a mis en avant « la situation sanitaire maîtrisée » avec des indicateurs bien orientés, après que Sébastien Lecornu, le ministre des Outre-mer, eut insisté sur le fait que « seul le critère sanitaire » serait pris en compte dans le choix de maintenir ou pas le vote.

Les partis loyalistes réclament qu’il se tienne à la date prévue du 12 décembre.

En revanche, le FLNKS a fait savoir depuis le 20 octobre qu’il ne participerait pas à ce référendum dont il ne reconnaîtra pas le résultat, arguant de l’impossibilité de « mener une campagne équitable » et d’une population kanak plongée dans le deuil – plus de 50% des 272 morts sont d’origine Kanak.

Le parti indépendantiste accuse l’Etat « d’avoir manqué à de nombreuses reprises à la neutralité requise » et « choisi de prendre fait et cause pour la droite coloniale ».

Le Palika affirme enfin dans ce texte qu’il « saisira l’instance internationale de décolonisation de l’ONU pour dénoncer l’absurdité d’une consultation d’autodétermination sans le peuple colonisé ».

Dans le cadre du processus de décolonisation de l’accord de Nouméa (1998) qui prévoit la tenue de trois référendums, deux ont eu lieu en 2018 et 2020, avec pour résultat un rejet de l’indépendance à une majorité de 56,7% puis 53,3%.



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