Selon le Secours catholique, la pandémie a contribué à dégrader le budget, l’alimentation et la santé des plus pauvres


Distribution alimentaire effectuée par le Secours catholique à Toulouse, le 3 avril 2020.

Le confinement et la pandémie ont bien provoqué un choc budgétaire supplémentaire chez les familles les plus pauvres, comme le mesure le Secours catholique dans son rapport annuel 2020, publié ce jeudi 18 novembre : 30 % d’entre elles ont subi des pertes de revenus et 60 % vu leurs dépenses, par exemple de cantine scolaire, augmenter.

Les bénévoles de cette association caritative ont, au cours de l’année, rencontré et aidé 777 000 personnes, dont près de la moitié d’enfants, et son rapport permet une plongée saisissante dans le monde de la pauvreté, en France : elle touche d’abord les familles monoparentales (29 %), donc des enfants, et les étrangers dont la part ne cesse d’augmenter, à 46 %, soit dix points de plus qu’en 2015 – parmi eux, un tiers sont sans papiers, un autre en demande de régularisation et le troisième en règle.

La situation des personnes aidées par le Secours catholique se dégrade : 46 % font face à des impayés, notamment de loyer, avec une dette en hausse, de 777 euros en moyenne en 2020, contre 756 euros en 2019 ; près du tiers d’entre eux n’ont pas de logement stable, soit, là aussi, dix points de plus qu’en 2010 – une hausse certes liée à la forte présence d’étrangers qui ont plus de mal à se loger, mais pas uniquement.

L’efficacité des mesures prises pendant la pandémie

Le constat contraste, à première vue, avec les données de l’Insee, dans son estimation avancée sur l’année 2020, publiée le 5 novembre, qui observe que le taux de pauvreté monétaire est resté stable en 2020, par rapport à 2019, à 14,6 % de la population disposant d’un revenu au-dessous du seuil de pauvreté (fixé à 60 % du revenu médian). Ainsi, 9,5 millions de personnes vivent avec moins de 1 102 euros par mois et par unité de consommation. Les mesures de soutien prises par le gouvernement pendant la pandémie, comme l’indemnisation du travail partiel, l’aide aux travailleurs indépendants et des mesures exceptionnelles envers les plus pauvres, bénéficiaires du RSA et des minima sociaux (150 euros plus 100 euros par enfant à charge, en mai puis novembre 2020) ont permis cette stabilité.

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« Ces mesures ont été efficaces et tant mieux, se félicite Véronique Devise, présidente du Secours catholique. Mais nous recevons les personnes les plus pauvres, dont beaucoup passent sous les radars de l’Insee, notamment les étudiants et les ménages dits non ordinaires”, sans abri et hébergés dans les structures collectives. L’Insee ne comptabilise, en outre, que les revenus déclarés, formels, et ne voit pas, en face, les charges, en particulier d’énergie et d’alimentation, qui ont beaucoup augmenté. » L’Insee en convient, et précise, en conclusion de sa note : « Il est possible que la crise sanitaire ait eu un effet plus marqué pour une partie des personnes les plus fragiles mal captées par nos enquêtes ».

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