Emmanuel Macron tente de renouer le lien avec les maires


Emmanuel Macron durant son discours au congrès des maires, le 18 novembre à Paris.

S’il a reconnu « des malentendus au début » de son mandat, Emmanuel Macron a tenté de défendre son bilan, jeudi 18 novembre, devant plusieurs milliers de maires réunis en congrès à Paris. Le président de la République a souhaité rendre hommage à ces édiles, souvent en première ligne durant la crise des « gilets jaunes » en 2018 ou au cours de l’épidémie de Covid-19, et qui sont aujourd’hui confrontés à une montée des tensions.

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« Je veux vous dire la reconnaissance de la nation », qui « sera à vos côtés partout où il y a un retour de la violence » contre les élus, leur a-t-il d’abord lancé, après les discours critiques du nouveau président de l’Association des maires de France (AMF), David Lisnard (Les Républicains), et de son vice-président, André Laignel (Parti socialiste). « J’ai tâché, là où j’étais, de faire ce que j’avais dit, et je crois que ce fut le cas. Et j’ai tâché de m’adapter, comme vous d’ailleurs, à toutes les crises que nous avons subies, et nous avons tenu, et je vous remercie de cela », a-t-il insisté.

« Il se peut qu’il y ait eu des malentendus au début, il se peut qu’il y ait eu des préjugés », a ensuite lancé M. Macron après un quinquennat émaillé de tensions avec les maires. L’ambiance était moins houleuse que lors de sa première intervention en 2017, où il avait été sifflé par les élus. « J’assume le fait de ne pas avoir été maire, a-t-il poursuivi. C’est ainsi que je ne suis d’ailleurs pas le seul président de la Ve République à ne pas avoir été maire. J’ai compris qu’on honorait beaucoup le général de Gaulle, ces derniers temps, il se peut qu’il ait eu le même défaut. »

Une comparaison critiquée dans la foulée par le président du parti Les Républicains, Christian Jacob, sur son compte Twitter. « Emmanuel Macron, en décalage complet avec la réalité et les préoccupations des Français et des maires de France, a-t-il estimé. Entre aigreur et arrogance, il s’enferme dans des incantations électoralistes, poussant l’indécence jusqu’à se comparer au général de Gaulle. »

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Le chef de l’Etat défend la suppression de la taxe d’habitation

Dans son discours, le chef de l’Etat a ensuite défendu point par point ses choix, de la suppression de la taxe d’habitation aux actions en faveur des « cœurs de ville », assurant de nouveau qu’il avait préservé les ressources des communes, l’un des points de friction avec les dirigeants de l’AMF. « La taxe d’habitation était un impôt pour les classes moyennes, mauvais pour les petites villes, injuste », a-t-il plaidé, alors que David Lisnard avait dénoncé plus tôt cette suppression, affirmant qu’elle avait été « la dernière étape de la déstabilisation totale de notre système de fiscalité locale ».

Emmanuel Macron a aussi appelé à éviter les débats « mortifères » qui opposent l’Etat aux élus locaux. « L’Etat est un tout, il ne peut pas y avoir l’Etat face aux élus », a insisté le président de la République, qui avait reçu la veille un millier d’élus à l’Elysée. Le président de la République a aussi reconnu les « injonctions contradictoires » que subissent les maires, tout comme lui-même, admettant que certaines décisions sont trop éloignées du terrain et « descendent d’en haut ». Une manière pour lui de répondre aux critiques des dirigeants de l’AMF, qui lui ont reproché « l’extrême-centralisation » de ses décisions, que préfets et même ministres « découvrent à la télévision ».

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Le Monde avec AFP





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