Hidalgo rend un hommage appuyé à Baroin et charge Macron


En conclusion du congrès de l’AMF jeudi, la maire de Paris, candidate PS à la présidentielle, a jugé que «la décentralisation» devait devenir «une règle de vie». Une façon de critiquer, en creux, le rapport du chef de l’État aux collectivités.

François Baroin et Emmanuel Macron n’ont sans doute pas vécu le discours d’Anne Hidalgo de la même manière. En clôture du congrès de l’AMF jeudi, la maire de Paris, candidate socialiste à la présidentielle, a dans un premier temps salué chaleureusement le président sortant de l’association des maires de France, avant d’étriller – bien que subtilement – le chef de l’État. Concernant le maire de Troyes, remplacé à l’AMF par le maire LR de Cannes David Lisnard, Anne Hidalgo a fait part de son «immense reconnaissance», assurant qu’il avait été pendant sept ans «l’une des voix les plus respectées de la France des territoires».

«Lien de confiance et d’amitié» avec Baroin

«Les maires de l’hexagone et des outre-mer se savaient fièrement représentés à travers toi», a-t-elle assuré. La socialiste, qui connaît et apprécie François Baroin de longue date, a salué un «lien de confiance et d’amitié» mais aussi «un lien politique, fondé sur une certaine idée du rôle de la commune, de la responsabilité des maires, et peut-être même une certaine idée de la France». Elle a notamment rappelé les crises successives – incendie de Notre-Dame-de-Paris, tempêtes, pandémie… – affirmant que l’AMF avait su rester «unie». «Nous avons aussi été conquérants, pragmatiques, réalistes, car oui l’AMF a été engagée même si elle n’est jamais partisane», a-t-elle souligné.

Son discours a en revanche changé de ton lorsqu’elle s’est tournée vers Emmanuel Macron, son potentiel futur concurrent dans la course à l’Élysée. Très offensive contre l’exécutif pendant la crise sanitaire, dénonçant le manque de concertation avec les collectivités, Anne Hidalgo a renouvelé, en creux, ses critiques. «N’attendons pas la prochaine crise pour redécouvrir que la France se tient quand elle sait unir ses forces et s’appuyer sur ses maires», a-t-elle voulu souligner. «Nous le savions : les maires sont indispensables pour assurer la cohésion du pays», a martelé la socialiste. Avant d’enchaîner : «Face aux crises, l’État a fait son possible, mais les collectivités ont fait tout le reste».

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«Le moment est venu d’un État qui accompagne»

À moins de cinq mois de la présidentielle, Anne Hidalgo a également esquissé quelques pistes de son programme, jugeant par exemple que «la décentralisation» devait «devenir une règle de vie». «Le moment est venu d’un État qui accompagne, qui veille aux grands équilibres mais qui se dispense parfois de contrôles tatillons, de complexifications, de créations de normes ou de doctrines souvent difficiles à comprendre», a-t-elle raillé. Lors du premier confinement au printemps 2020, la socialiste était par exemple vent debout contre la fermeture des parcs et jardins publics.

La représentante des socialistes a par ailleurs jugé qu’il fallait «oser» réaliser une «loi de financement des collectivités territoriales». Seul moyen, selon elle, de «garantir l’autonomie financière» des territoires, garantissant «une confiance réciproque» avec l’État. Autrement, prédit Anne Hidalgo, des territoires entreront dans «une forme de décrochage». «Aucun républicain ne peut accepter cette perspective», a-t-elle prévenu.


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