l’OMS redoute 700 000 morts supplémentaires en Europe d’ici au printemps


Une jeune fille reçoit une injection de vaccin Pfizer à Vienne, en Autriche, le 15 novembre 2021.

Depuis quelques semaines, l’Europe est redevenue l’épicentre de la pandémie de Covid-19, à tel point que des gouvernements envisagent de revenir à des mesures de confinement, rejetées par les populations à l’approche des fêtes de Noël. Dans l’Union européenne, 67,7 % de la population a reçu deux doses de vaccin, mais les écarts sont vertigineux entre les pays. Ainsi, seuls 24,2 % des Bulgares sont vaccinés contre 86,7 % des Portugais.

Dans une formule-choc, le ministre de la santé allemand, Jens Spahn, a prévenu que « chacun ou presque sera vacciné, guéri ou mort », d’ici « vraisemblablement la fin de l’hiver », en raison de la propagation du variant Delta qui provoque une nouvelle flambée des cas dans le pays. Les autorités américaines ont, par ailleurs, conseillé à leurs ressortissants d’éviter de se rendre en Allemagne et au Danemark, lui aussi frappé de plein fouet par la nouvelle vague de la pandémie.

  • L’OMS met en garde l’Europe

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est inquiétée, mardi, de l’« emprise » de l’épidémie de Covid-19 en Europe, qui pourrait déboucher sur 700 000 morts supplémentaires sur le continent, portant le nombre total de décès à 2,2 millions d’ici au printemps. Plus de 1,5 million de personnes sont déjà mortes du Covid-19 dans la région.

« La région Europe reste sous l’emprise de la pandémie de Covid-19. La semaine dernière, les décès signalés dus au Covid-19 sont passés à près de 4 200 par jour, soit un doublement par rapport aux 2 100 décès quotidiens enregistrés à la fin du mois de septembre », a souligné l’organisation dans un communiqué. Actuellement, plus de 1,5 million de personnes sont mortes du Covid-19 dans la région. « On peut s’attendre à ce que les lits d’hôpitaux soient soumis à une pression élevée ou extrême dans 25 pays et à une pression élevée ou extrême dans les unités de soins intensifs dans 49 des 53 pays d’ici au 1er mars 2022. »

Pour l’OMS, l’augmentation des cas s’explique par la combinaison de la prévalence du variant Delta hautement contagieux, d’une couverture vaccinale insuffisante et de l’assouplissement des mesures anti-Covid-19.

« La situation liée au Covid-19 à travers l’Europe et l’Asie centrale est très sérieuse. Nous faisons face à un hiver plein de défis », a affirmé le directeur régional de l’OMS pour l’Europe, Hans Kluge, appelant à adopter une approche « vaccin plus », associant vaccination, port du masque, mesures d’hygiène et distance sanitaire.

D’après l’OMS, le port du masque réduit de 53 % l’incidence de la maladie. Une généralisation de son usage jusqu’à 95 % pourrait permettre d’éviter plus de 160 000 décès d’ici le 1er mars. En outre, « il apparaît de plus en plus évident que la protection induite par la vaccination contre les infections et les formes bénignes décline », a relevé l’OMS. L’institution recommande donc un rappel pour les plus vulnérables, y compris les immunodéprimés.

  • Le vaccin d’AstraZeneca écarté des rappels au Royaume-Uni

Le patron d’AstraZeneca a défendu, mardi, le vaccin contre le Covid-19 du géant pharmaceutique britannique, qui n’a pas été retenu pour les doses de rappel au Royaume-Uni, en marge de l’inauguration d’un centre de recherche à Cambridge.

Pascal Soriot, interrogé sur la BBC, a aussi affirmé que le groupe suédo-britannique espérait toujours obtenir l’homologation de son vaccin aux Etats-Unis.

Questionné sur le choix du gouvernement britannique de donner la priorité aux vaccins Pfizer et Moderna qui utilisent la technologie de l’ARN messager, contrairement à celui d’AstraZeneca, M. Soriot a défendu l’efficacité du sérum de son groupe. « Il a été démontré que ce vaccin stimule mieux les lymphocytes T », essentiels à l’immunité, « particulièrement chez les gens âgés », a-t-il assuré.

Les dernières données gouvernementales britanniques font état de 886 nouvelles admissions chaque jour à l’hôpital pour plus de 44 000 nouveaux cas positifs de Covid-19. Le Royaume-Uni est l’un des pays européens qui compte le plus de décès liés à la pandémie (plus de 144 400) contre 99 437 en Allemagne et près de 121 000 en France.

  • Mise en garde aux voyageurs américains

Les autorités américaines ont conseillé, lundi, à leurs ressortissants d’éviter de se rendre en Allemagne et au Danemark : l’envolée de l’incidence dans ces deux pays a conduit le département d’Etat à déconseiller aux Américains de se rendre dans ces deux pays. Ces derniers sont, désormais, au quatrième échelon des recommandations américaines et rejoignent une liste de près de 75 destinations « à éviter » parmi lesquelles figurent l’Autriche, la Grande-Bretagne, la Belgique, la Grèce, la Norvège, la Suisse, la Roumanie, l’Irlande et la République tchèque.

La France, où la « cinquième vague » connaît de l’aveu même des autorités une ascension « fulgurante », est actuellement classée par les Etats-Unis au troisième échelon des destinations. Il n’est recommandé de s’y rendre qu’en ayant reçu au moins deux doses de vaccin.

  • Cri d’alarme de la présidente slovaque

Après le premier ministre, la présidente slovaque, Zuzana Caputova. Le premier ministre slovaque, Eduard Heger, réfléchit « de manière intensive » à un éventuel confinement de trois semaines, comme celui entré en vigueur en Autriche, pour lutter contre l’explosion des infections au coronavirus, ont déclaré ses services, lundi. L’idée a été avancée par le ministère de la santé, et Eduard Heger a déclaré que les avis des experts seraient décisifs dans sa réflexion.

Mardi, dans une allocution depuis l’hôpital universitaire de Bratislava, elle a déclaré que son pays était en train de perdre le combat contre le Covid-19. « Nous avons le plus haut taux d’infections par million d’habitants. (…) Les experts sont clairs : il faut restreindre la mobilité des personnes, il faut un confinement… malheureusement, c’est une mesure qui doit concerner tout le monde. »

Lundi, la Slovaquie a imposé de nouvelles restrictions ciblant les non-vaccinés, qui ne peuvent plus fréquenter les magasins et centres commerciaux non essentiels. Ils ne sont pas non plus autorisés à assister à des événements ou à des rassemblements publics et sont tenus de passer des tests deux fois par semaine pour se rendre au travail.

Le nombre de patients atteints du Covid-19 hospitalisés a augmenté de 161 à 3 182 lundi, bien au-dessus du niveau de 3 000 lits considéré comme critique par le ministère slovaque de la santé. Ce dernier a déclaré que plus de 82 % des patients n’ont pas été complètement vaccinés. A 45,3 %, le taux de vaccination de la Slovaquie est l’un des plus bas de l’UE, bien en deçà de la moyenne de 67,7 % des Vingt-Sept. Dans l’ensemble, la nation de 5,5 millions d’habitants a enregistré 621 423 cas avec 13 985 décès.

Le Monde avec AP, AFP et Reuters





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