Comment Synergie accompagne la féminisation des métiers



Comment Synergie accompagne la féminisation des métiers

CDD-CDI, intérim, formation, conseil RH…Synergie s’inscrit aujourd’hui comme le premier groupe francais indépendant en Ressources Humaines. Au coeur de cette structure, Alexandra Rieu, responsable des missions seniors et égalité professionnelles, accompagne les femmes dans la découverte de métiers dits “masculins”. Sa mission? Faciliter leur reconversion professionnelle. Dans sa lutte pour l’égalité professionnelle, Alexandra Rieu travaille avec différentes entreprises afin de les aider à atteindre la mixité salariale. 

Challenges – Pourquoi avez-vous lancé le parcours Switch? 

Alexandra Rieu – Le parcours Switch découle d’un premier projet lancé en 2016, “Les forums Mix et métiers”. Avec déjà huit éditions sur l’ensemble du territoire, notre objectif consiste à réunir des entreprises qui souhaitent faire découvrir leurs structures et leurs métiers à des femmes sans connaissance dans ces secteurs. Cependant, la démarche d’aller à la rencontre des entreprises spécialisées dans l’industrie représente un réel parcours du combattant. Il fallait créer un contexte bienveillant, partager un maximum d’informations afin de briser l’ignorance créée par les stéréotypes de représentation. 

Au cœur du parcours Switch, je travaille avec les entreprises qui oeuvrent pour la mixité. J’examine les profils de postes avec les RH et j’effectue une immersion au sein de celui dont l’entreprise a décidé d’ouvrir des candidatures aux femmes. Je source ensuite des candidates qui souhaiteraient découvrir ces métiers. Je les invite à participer à des réunions d’information, je témoigne de la journée passée sur ce poste. Afin qu’elles se projettent, nous réalisons une visite d’entreprise. Si elles sont intéressées, nous mettons en place une ingénierie de formations pour pouvoir les intégrer. Même si elles ne souhaitent pas poursuivre dans cette branche, mon objectif reste atteint. Nous avons laissé le choix à une femme de décider de son parcours professionnel, là où aujourd’hui l’ensemble de la société décide à sa place. Plus nous montrerons aux femmes qu’elles sont capables de le faire, plus nous lutterons contre le frein de la méconnaissance et de l’autocensure. Le travail de réflexion reste long avant de décider de changer de voie. Ce serait mentir d’affirmer que toutes les femmes souhaitent faire les métiers que nous leur faisons découvrir. Mais si rien n’est fait pour les informer, rien n’évoluera. 

Quels sont les secteurs victimes de stéréotypes? 

Souvent, lorsque la féminisation des métiers est évoquée, beaucoup pensent uniquement au secteur du BTP. Pourtant, je travaille aujourd’hui avec les entreprises spécialisées dans l’aéronautique, le ferroviaire, l’énergie, le numérique, le transport ou encore la logistique. Ma mission consiste à accompagner les femmes dans la reconversion professionnelle et la découverte de métiers dits, injustement, “masculins”. Elles ne s’orientent pas vers les mêmes secteurs que les hommes. Les femmes se pensent incapables de le faire et ne postulent pas. L’idée reste de casser cette mauvaise boucle. 

Que ce soit pour faire face à une pénurie de main d’oeuvre, une volonté de renforcer leur accord égalité professionnelle ou d’améliorer leur index égalité, les entreprises font appel aux femmes. Le plus délicat n’est pas la recherche de secteurs prêts à féminiser leurs effectifs, mais la manière d’y parvenir. J’aspire à créer une façon différente de recruter, afin de faire évoluer les mentalités et les comportements. Lorsque j’entame les premières discussions avec les entreprises, j’essaie de comprendre d’où provient le problème de féminisation. Entre une offre d’emploi non inclusive, opaque, ou l’absence d’une image féminine au cœur de ces professions, les firmes doivent réaliser un travail de communication. Il faut reprendre l’ensemble des stéréotypes et admettre que les formations restent genrées. A compétence égale, il y a aujourd’hui une différence de 9% de salaires entre les femmes et les hommes. Tous métiers confondus, elles se trouvent payées en moyenne 24% de moins. Et  62% d’entre elles occupent des emplois non-qualifiés.

Pourquoi avez-vous choisi le combat de l’égalité professionnelle? 

Je souhaite rendre les femmes plus autonomes. Depuis le 3 novembre 2021, les françaises salariées travaillent gratuitement. Si je ne peux pas agir directement sur cette injustice, je peux le faire à travers la féminisation des métiers. Beaucoup se trouvent encore connotés « féminins », et donc dévalorisés. Les salaires restent en moyenne 19% inférieurs aux métiers dits “masculins”. La conséquence? Aujourd’hui, les femmes ont une pension de retraite moindre de 42% par rapport aux hommes, soit 800 euros par mois. C’est injuste et c’est accepté par le plus grand nombre. Ce n’est pas gagner moins pendant six mois, mais gagner moins tout au long d’une carrière. Leur proposer ces opportunités revient à les diriger vers un métier où l’emploi existe, avec une formation supérieure et une meilleure rémunération. A travers ce combat, je lutte également contre la discrimination masculine. Seulement 3% des aides à domicile sont des hommes. C’est inacceptable qu’on imagine encore qu’un individu possède de la force ou qu’il puisse se briser le dos au travail parce qu’il est né homme. Généralement, lorsqu’un métier devient inclusif, il est repensé. Cette évolution est aussi bien bénéfique pour les hommes que pour les femmes. L’égalité représente une cause juste et concerne 100% de la population.



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