Les records en trompe-l’œil du Nasdaq


Un tableau électronique montre des actions d’une société de valeurs mobilières en baisse, à Tokyo, le 22 novembre 2021.

L’investisseuse Cathie Wood fut l’héroïne de 2020, celle qui fit fortune avec ses fonds high-tech, en profitant du bond en avant numérique provoqué par la pandémie de Covid-19. Mais l’année 2021 tourne au cauchemar : son principal fonds Ark Innovation, dont la valeur avait été multipliée par 2,5 en 2020, a reculé d’un tiers depuis son plus haut atteint en février. Celui spécialisé dans les biotechs est en recul de 57 % par rapport au plus haut tandis que celui consacré aux « fintech » (contraction de finance et de technologie) a reculé d’un quart.

Contre-performance alors que Wall Street n’en finit pas de battre des records ? Le Nasdaq et le S&P 500 progressent de 23 % et 25 % depuis le début de l’année. En réalité, la correction est en cours. Certes, sept éléphants sont en forte hausse depuis janvier. Ils représentent 27 % de l’indice S&P 500 et près de 52 % du Nassaq100. Il s’agit des GAFAM Microsoft (+ 52 %), Apple (21 %), Amazon (9,7 %) ; Google (67 %), Facebook (25 %) – auxquels s’ajoutent Tesla (64 %, valorisée 190 fois ses bénéfices) et les microprocesseurs Nvidia (144 %). Ensemble, ils valent 12 000 milliards, plus de cinq fois le CAC 40 de la Bourse de Paris. Mais la prospérité de ces géants – à tempérer avec celle d’Amazon – et l’envolée des valeurs pétrolières cachent une réalité plus complexe.

Mardi 23 novembre, 30 % des actions du Nasdaq 100 étaient en baisse depuis le début de l’année (seulement 15 % du S&P 500). Les entreprises high-tech, dans lesquelles les boursicoteurs rêvent de dénicher les Amazon et Apple de demain, connaissent une destinée beaucoup plus chaotique, dès que les résultats ne sont pas au rendez-vous.

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Il en est ainsi des valeurs « confinement », qui subissent un revers de fortune. Si Netflix a gagné 20 % depuis janvier, Teladoc, la firme de télémédecine n’en finit pas de descendre aux enfers avec un cours divisé par trois depuis février, qui explique une partie de l’infortune de Cathie Wood. L’entreprise de téléconférence Zoom (72 milliards de capitalisation), autre favorite de Mme Wood, a vu son action passer d’un plus haut de 450 à 202 dollars, en raison d’un ralentissement de sa croissance.

Désenchantement

Ensuite, la mode des cryptomonnaies et des fintech, qui avait conduit à des valorisations considérables, connaît un désenchantement : Paypal (220 milliards de capitalisation, huit fois la Société générale) a trébuché depuis que la presse lui a prêté l’intention de racheter Pinterest (recul de 20 % sur l’année, de 40 % par rapport au plus haut de l’été), tandis que Square (97 milliards), la deuxième firme du fondateur de Twitter Jack Dorsey, qui ne jure que par les bitcoins, a perdu plus d’un quart de sa valeur depuis le pic de l’été.

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