Covid-19: les discothèques ne digèrent pas leur nouvelle fermeture



Covid-19: les discothèques ne digèrent pas leur nouvelle fermeture

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé lundi que les discothèques allaient fermer pendant quatre semaines en pleines fêtes de fin d’année pour freiner la cinquième vague de Covid-19, au grand dam de la profession. « Nous fermerons les discothèques pendant les quatre prochaines semaines », jusqu’au « début janvier » et les entreprises concernées seront « accompagnées économiquement » par l’Etat, a dit M. Castex lors d’une conférence de presse à Matignon. « Nous le faisons parce que le virus circule beaucoup chez les jeunes, même vaccinés, parce que le port du masque est extrêmement difficile dans ces établissements », a-t-il ajouté. « Nous le faisons aussi par cohérence avec le message général de prudence », a-t-il souligné. « Nous accompagnerons économiquement les entreprises concernées et nous l’avons toujours fait et nous devons le faire autant que cela sera nécessaire », a assuré le chef du gouvernement.

Les discothèques –qui représentent 30.000 emplois directs et un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel selon les syndicats professionnels– sont restées fermées pendant seize mois à cause du Covid, et n’avaient rouvert, sous conditions, que le 9 juillet. Pour le président du Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs (SNDLL), Patrick Malvaës, les discothèques sont des « victimes expiatoires ». « C’est un ostracisme assumé », a-t-il accusé.

« Je ne pense pas que fermer les discothèques le samedi soir, c’est ce qui va endiguer l’épidémie, surtout quand on laisse les bars ouverts », a-t-il déclaré à l’AFP. « C’est n’importe quoi ! » Leur fermeture pendant seize mois n’a pas empêché l’épidémie de prospérer, a-t-il argumenté.

« Pousse-au-crime »

Les discothèques sont les seuls lieux où il y a actuellement des contrôles d’identité pour vérifier les passes sanitaires, a-t-il remarqué. « Il y a un effet extraordinairement pervers. On va pousser, sciemment, tous les jeunes et les moins jeunes à se retrouver pour des fêtes dans des lieux privés, où le virus va pouvoir se développer sans aucune protection », a prédit M. Malvaës. « C’est un pousse-au-crime ! »

« On nous supprime le Nouvel An… Dans tous les restau(rant)s ça va danser! », a renchéri Thierry Fontaine, le président de l’organisation professionnelle Umih Nuit, qui s’est dit « scandalisé ». « Et on nous sort +j’ai demandé à Bruno Le Maire de vous aider+. On va nous donner 3 francs 6 sous… Quand vous enlevez la plus grosse période de l’année, c’est un manque de courage politique », s’est-il emporté.

Les professionnels reçus à Bercy

Selon Bercy, le ministre délégué aux PME Alain Griset doit recevoir mardi les représentants des discothèques et de l’événementiel, également touchés par les appels de l’exécutif à restreindre les festivités. « On discutera avec eux du meilleur moyen pour accompagner soit la fermeture dans le cas des discothèques, soit la baisse de chiffre d’affaires dans celui des métiers de l’événementiel », a indiqué à l’AFP le cabinet du ministre de l’Economie Bruno Le Maire. On compte 1.200 boîtes de nuit et 300 traiteurs organisateurs de réceptions en France, selon Bercy.



Lire la suite
www.challenges.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *