Image du week-end: l’indépendance rejetée en Nouvelle-Calédonie



Image du week-end: l'indépendance rejetée en Nouvelle-Calédonie

Elle restera française. “La France est plus belle car la Nouvelle-Calédonie a décidé d’y rester”, s’est félicité ce dimanche Emmanuel Macron dans une allocution diffusée à l’annonce des résultats de ce référendum très commenté: 96,49% des votants se sont prononcés contre l’indépendance. Si le rejet de l’indépendance dans les urnes semble irrécusable, il reste terni par une abstention massive dans l’archipel. En chute libre par rapport aux précédents référendums, 73,68% en 2018, 79,63% en 2020, la participation s’établit ce 12 décembre à 43,90%. Sur les panneaux électoraux de Nouvelle-Calédonie, régnait d’ailleurs une profonde impression de vide depuis quelques jours. Seules quelques affiches partisanes du « non » venaient nuancer ce calme avant la tempête.

La cause? L’appel des partisans de l’indépendance au boycottage. Ils affirment que l’épidémie de Covid-19 ne leur a pas permis de mener une “campagne équitable”. Une consigne qui a pleinement profité aux partisans du maintien dans l’Hexagone. Avant même l’annonce officielle des résultats, Gil Brial, le représentant des “Voix du non”, défendait déjà leur légitimité. “S’il n’y avait qu’un référendum, la question aurait pu se poser. Mais il y en a eu deux autres avant où on avait déjà dit non”. Ces scrutins avaient vu l’indépendance rejetée à 56,7%, puis 53,3%. La présidente de la province Sud a quant à elle salué le dénouement de ce troisième et dernier référendum prévu par les accords de Nouméa de 1998.  “Nous avons décidé en notre âme et conscience de rester français. Ce n’est plus négociable, se réjouit Sonia Backès. Et c’est ça le sens de l’histoire!”

“L’entêtement du gouvernement français”

Cette abstention record pourrait-elle nuire à l’acceptation des résultats? Le président indépendantiste du Congrès de la Nouvelle-Calédonie en est convaincu. Dès l’annonce du score final, Roch Wamytan a dénoncé ce vote: “Nous considérons qu’en termes de légitimité juridique et politique, il n’y a que deux référendums, 2018 et 2020. Celui-là, c’est le référendum de l’Etat français et de ses soutiens en Nouvelle-Calédonie, pas le nôtre.” Et au lendemain de la victoire du « non », les indépendantistes campent sur leurs positions. Ce lundi 13 décembre, ils annoncent officiellement dans un communiqué ne pas reconnaître « la légitimité et la validité de ce scrutin qui leur a été confisqué ».  Regroupés au sein du Comité stratégique indépendantiste de non participation (CSI-NP), les indépendantistes affirme que « la voie du dialogue a été rompue par l’entêtement d’un gouvernement français incapable de concilier ses intérêts géostratégiques dans le Pacifique et son obligation à décoloniser notre pays ».

Alors, quel avenir pour la Nouvelle-Calédonie? Le gouvernement français se donne jusqu’à 2023 pour finaliser sa transition. D’ici au 30 juin, un nouveau statut validé par voie référendaire devra être établi pour l’île. La feuille de route du ministère des Outre-mer et une partie des élus calédoniens prévoient notamment une période de transition, afin de confier au ministre Sébastien Lecornu les questions de la situation économique, sanitaire et financière de l’archipel. Si Emmanuel Macron souhaite également aborder les sujets de l’environnement ou celui des inégalités sociales, il devra attendre pour engager les discussions. Les indépendantistes refusent tout dialogue avant l’élection présidentielle d’avril 2022. Un ultimatum assumé, alors que l’actuel président de la République n’a pas encore annoncé sa candidature officielle. 



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