Macron s’invite sur TF1 et installe le match avec Pécresse


L’émission de deux heures, diffusée mercredi mais enregistrée dimanche, sera axée autour de la question «Où va la France ?».

Sa dernière interview de président ? Ou son premier entretien de candidat ? Moins d’une semaine après sa conférence de presse sur la présidence française de l’Union européenne, Emmanuel Macron s’apprête à passer un autre grand oral télévisé, en prime time cette fois-ci. Le chef de l’État sera l’invité de TF1-LCI, mercredi soir à partir de 21 heures, comme l’a indiqué la chaîne dans un communiqué.
Enregistré dimanche dans les conditions du direct, le programme, prévu pour durer environ deux heures, sera intitulé « Où va la France ? ». L’occasion pour Emmanuel Macron de se montrer rassurant sur la cinquième vague de Covid-19, et de réaffirmer que la reprise épidémique ne devrait pas menacer les vacances de Noël ni les fêtes de fin d’année.

L’occasion, surtout, de retracer plus largement le fil d’un quinquennat qui touche à sa fin, et de se livrer au traditionnel exercice du « bilan et perspectives ». La stratégie est simple, elle se divise en trois temps. D’abord, cela implique de revenir sur les différentes crises qui ont émaillé le mandat – notamment sur les plans social et sanitaire -, et d’en tirer des enseignements. Ensuite, cela suppose de défendre le bilan de l’action menée, et de rappeler les différents chantiers déjà lancés. Enfin, cela exige d’aborder les grandes réformes qu’il reste à mener à l’avenir. Comme une manière d’installer sa candidature en la rendant presque évidente, sans nécessairement avoir à le verbaliser formellement pour l’instant.

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Un vrai « scandale »

À moins de quatre mois de la présidentielle, dont le premier tour est prévu le 10 avril prochain, les futurs adversaires du chef de l’État ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. À commencer par Valérie Pécresse (LR), qui avait elle aussi prévu de participer à une grande émission sur BFMTV au même moment. « On a bien compris qu’elle est devenue son obsession… Jusqu’à choisir le jour de son intervention pour parler ! », ironise l’entourage de la candidate de droite, qui dénonce un vrai « scandale ». Résultat, la présidente de la région Île-de-France a été contrainte de reporter sa participation, d’un commun accord avec la chaîne.

Pour Les Républicains, le choix d’une diffusion mercredi, soit plus de 72 heures après l’enregistrement, ne laisse guère de doute sur les arrière-pensées politiques qui se cachent derrière cette prise de parole. « J’ai saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel. On ne peut pas avoir un président candidat qui se fait ouvrir les chaînes de télévision à la demande et qui, pendant des heures, fait sa campagne alors même que ses adversaires doivent, eux, se contenter de cinq minutes de duplex pour lui répondre », a vivement réagi la candidate LR, lundi, en marge d’un déplacement dans les Hauts-de-France.

Au nom des sénateurs LR, Bruno Retailleau a d’ailleurs lui aussi l’intention d’écrire au CSA. « Ça n’est pas ça, ma conception de la démocratie », a ajouté Valérie Pécresse, en s’offusquant du « deux poids, deux mesures » à l’œuvre selon elle ces dernières semaines. « Le gouvernement a fait interdire M. Zemmour d’émission sur CNews alors qu’il n’était pas lui-même candidat. Je demande au CSA de rétablir l’égalité du temps de parole et le fair-play démocratique dans cette élection », a-t-elle appuyé.

« Nous demandons que l’interview d’Emmanuel Macron de mercredi soit décomptée de son temps de parole de campagne par le CSA. Chacun a compris que le président sortant était déjà candidat, stop aux faux-semblants ! », fulmine sur Twitter Geoffroy Didier, député européen LR et membre de la campagne. « Il y a une énorme fébrilité chez Emmanuel Macron, explique un membre de l’équipe Pécresse. Il a visiblement peur du débat démocratique. Ce qui se passe est hallucinant. Il est obsédé par nous… et par Valérie Pécresse. »


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