Emmanuel Macron au défi de « réinventer » son projet


Des affiches de soutien au futur candidat Emmanuel Macron, dans les rues d’Aulnoye-Aymeries (Nord), le 19 novembre 2021.

C’est un secret de Polichinelle chez ses partisans. S’il n’a pas encore officialisé ses intentions, Emmanuel Macron se prépare à briguer un second mandat lors de l’élection présidentielle de 2022. Déterminé à rester dans le costume du chef de l’Etat le plus longtemps possible, le locataire de l’Elysée ne devrait pas annoncer sa candidature avant la fin janvier, jure son entourage. Mais une interrogation demeure : quel sera son projet ? Après avoir conquis le pouvoir en 2017, en incarnant « le renouveau » et « la modernité », celui qui fait désormais figure de sortant doit relever un défi de taille : que peut-il proposer de nouveau aux Français, afin de les convaincre de la nécessité de poursuivre son bail à l’Elysée, cinq années de plus ?

M. Macron aura l’occasion de préciser les chantiers qu’il a déjà en tête pour un éventuel second quinquennat, mercredi 15 décembre, lors d’un entretien sur TF1 et LCI. S’il ne manquera pas de valoriser son bilan, le chef de l’Etat exposera également « sa vision de l’avenir », a précisé TF1, dans cette émission intitulée : « Où va la France ? » A quatre mois du scrutin, ce sujet agite la majorité et suscite un intense travail de réflexion du chef de l’Etat et de ses proches, en coulisses. Avec une première certitude : « Le prochain quinquennat ne peut pas se résumer à mener les réformes que l’on n’a pas eu le temps de faire », avertit le chef de file des députés du Mouvement démocrate (MoDem), Patrick Mignola.

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Référence aux mesures déjà présentées par M. Macron pour un éventuel second mandat. La principale concerne la réforme des retraites. Le 9 novembre, le chef de l’Etat a fait savoir qu’il entendait aller au bout de ce chantier interrompu par la crise sanitaire, en cas de réélection, avec un report de l’âge légal, la suppression des régimes spéciaux et l’harmonisation des règles entre public et privé. Dans l’esprit de M. Macron, l’instauration de cette réforme pourrait permettre de faire d’une pierre deux coups, en rendant possible la grande réforme de la dépendance, qu’il n’a pas non plus réussi à mener à bien depuis 2017. « Travailler plus longtemps » pourrait « financer de nouveaux droits comme l’accompagnement des personnes âgées dépendantes », avait-il précisé dans Challenges, le 1er septembre.

Autre dossier, non abouti, qui a vocation à revenir sur la table, en cas de réélection : la réforme institutionnelle, que le pouvoir avait dû enterrer à cause de l’affaire Benalla, à l’été 2018. Au sein de l’exécutif, l’idée d’une « réforme globale » reste évoquée, afin de mettre en œuvre les promesses de M. Macron à son arrivée à l’Elysée, en particulier la réduction du nombre de parlementaires ou la suppression de la Cour de justice de la République (CJR). Le 18 octobre, lors des Etats généraux de la justice, le chef de l’Etat avait déclaré que sa volonté d’en finir avec cette juridiction d’exception restait « plus actuelle que jamais », après la mise en examen de l’ex-ministre de la santé Agnès Buzyn, par la CJR, en raison de sa gestion de l’épidémie de Covid-19. L’idée de revenir partiellement sur le non-cumul des mandats de député et de maire, en particulier pour les petites villes, évoquée récemment par M. Macron, pourrait faire partie de ce paquet institutionnel.

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