la vaccination des enfants à risque de forme grave lancée ce mercredi


Les enfants ayant une pathologie grave ou chronique peuvent être vaccinés dès mercredi, en accord avec les recommandations de la Haute Autorité de santé.

Comme pour les adultes, certaines pathologies graves ou chroniques rendent les enfants plus à risque de développer une forme grave de Covid, même si celles-ci restent heureusement rares. Le gouvernement a donc décidé de leur ouvrir dès mercredi la vaccination, suivant en cela les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) et du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV).

Les enfants concernés souffrent de maladie hépatique, rénale ou cardiaque et respiratoire (y compris l’asthme sévère nécessitant un traitement continu) chronique, de maladie neurologique, de cancer en cours de traitement, d’immunodéficience primitive ou induite par médicaments, d’obésité, de diabète, de handicap neuromusculaire sévère, d’hémopathie maligne, de drépanocytose ou de trisomie 21.

«La balance bénéfice-risque clairement du côté du bénéfice»

Ces pathologies n’ont pas forcément de points communs mais les observations en vie réelle ont fait apparaître qu’elles s’accompagnent d’un surrisque de forme grave. «L’étude Pandor a montré que 21% des enfants de 0 à 17 ans ayant souffert d’une forme sévère de Covid-19 pédiatrique présentaient des comorbidités, alors qu’ils ne représentent que 6% de leur classe d’âge», indique la Haute Autorité de santé.

«Dans le cas de ces enfants, la balance bénéfice-risque penche clairement du côté du bénéfice», précise le Pr Élisabeth Bouvet, présidente de la commission technique des vaccinations à la HAS. La protection conférée par le Pfizer/BioNTech pédiatrique, trois fois moins dosé que sa version adulte, est estimée à 90% contre les formes symptomatiques. «Pour les formes graves, le gain n’a pas encore pu être calculé: l’essai n’en contenait ni dans le groupe vacciné ni dans le groupe placebo, car c’est un événement rare», précise le Pr Bouvet.

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Deux doses à 21 jours d’intervalle

La vaccination contre le Covid est aussi conseillée aux enfants dans l’entourage de personnes immunodéprimées: non seulement l’incidence est très élevée en ce moment chez les 6-10 ans (990 cas pour 100.000 habitants), mais on sait qu’ils sont nombreux à développer des formes asymptomatiques.

Pour répondre aux besoins estimés à 400.000 enfants, Paris a commandé 1,9 million de doses du vaccin pédiatrique Pfizer/BioNTech. Chaque enfant reçoit deux doses à 21 jours d’intervalle, sauf s’il a déjà contracté la maladie (une seule dose), ce qui doit être systématiquement vérifié avec un test sérologique rapide (Trod), conseille le COSV. En effet, on estime qu’au moins 18% des enfants de cet âge ont déjà contracté le Covid.

«Il va falloir appeler et convaincre les familles»

En pratique, la vaccination sera dispensée dans les hôpitaux et centres de soin spécialisés où sont suivis ces enfants, ou dans certains centres de vaccination où sera créée une filière dédiée (au moins un par département, selon le ministère de la Santé). Aucune ordonnance n’est nécessaire car chaque vaccination sera précédée d’un entretien avec un médecin chargé d’évaluer l’état de santé du patient.

En ville, la vaccination pédiatrique est pour l’instant réservée aux médecins volontaires. Ces derniers ont pu commander un seul flacon de dix doses, qui devrait leur être livré entre le 24 et le 28 décembre. «Il va falloir appeler et convaincre les familles des enfants concernés, estime le Dr Brigitte Virey, présidente du Syndicat national des pédiatres français. Beaucoup de parents voient malheureusement ce vaccin comme un “risque” qu’ils disent être prêts à prendre pour eux, mais pas pour leur enfant. La communication a été mal menée de ce point de vue-là.» 



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