le grand retour des fusions-acquisitions domestiques


Le directeur général de Veolia Environnement Antoine Frérot, au siège de l’entreprise, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le 28 février 2020.

La consolidation d’entreprises n’échappe pas aux modes. Trop rococo, le conglomérat version General Electric n’a plus rien de chic ; très tendance, en revanche, la scission et ses lignes épurées. Intemporel, le mariage d’égaux, l’équivalent de La petite robe noire des fusions-acquisitions, se porte accolades cintrées près du corps, renforts dans le dos anti-coups de couteau. Et bien sûr, qui dit fashion dit influenceur. Le plus en vue du moment s’appelle Antoine Frérot.

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En lançant, en août 2020, le leader mondial des services à l’environnement à l’assaut de son rival Suez, le patron de Veolia a donné au marché français des envies de consolidations domestiques. Bouygues a embrayé. Par deux fois. Le propriétaire de TF1 a conclu en mai 2021 un accord avec l’allemand Bertelsmann afin de lui racheter le groupe audiovisuel M6-RTL. Et en décembre, l’entreprise familiale a promis de débourser 7,1 milliards d’euros pour acquérir Equans, la filiale de services mise en vente par l’énergéticien Engie.

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Entre-temps, en septembre 2021, on découvrait qu’Auchan négociait depuis le printemps l’acquisition de Carrefour, opération majeure pour le secteur de la grande distribution si elle était allée à son terme. Tout un symbole, le rapprochement Carrefour-Promodès avait d’ailleurs été l’une des opérations-phares de la grande vague de fusions nationales de la fin des années 1990 (Axa-UAP, Total-Elf, BNP-Paribas…).

Dossiers poussiéreux exhumés

Vite, vite, les banquiers d’affaires ont exhumé des placards des dossiers poussiéreux, histoire de les remettre au goût du jour. Quid de la fusion BNP-Société générale ? Et celle de Faurecia et Valeo ? Faut-il que la question du nucléaire belge soit réglée pour que Total avale Engie ? Quelle combinaison magique pour passer de quatre à trois opérateurs télécoms sur le marché français ? Et si Lactalis gobait Danone ? Certes, la plupart de ces serpents de mer retourneront dormir dans leurs cartons mais pas tous. L’environnement, en effet, s’avère favorable aux grandes manœuvres près de chez soi.

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Avantage de telles opérations, d’abord, elles génèrent en général plus de synergies qu’un rapprochement avec un concurrent étranger : un attrait puissant pour les entreprises malmenées par la crise sanitaire. Revers de la médaille, ces transactions endogames peuvent provoquer une forte casse sociale en France et deviennent dès lors difficiles à assumer politiquement.

Lors de la vente récente d’Equans, les pouvoirs publics avaient fait savoir qu’ils préféreraient voir la filiale d’Engie renforcer un champion français plutôt qu’être reprise par un fonds d’investissement américain

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