les oppositions dénoncent un manque d’équité dans la répartition du temps de parole


Lors d’une allocution du président de la République, Emmanuel Macron, à Paris, le 31 mars 2021.

L’annonce de la diffusion d’un entretien télévisé d’Emmanuel Macron, programmé sur LCI et TF1 à 21 h 5 mercredi 15 décembre, a fait bondir plusieurs élus d’opposition, mécontents du temps d’antenne accordé au président de la République sur des sujets qu’ils considèrent comme relevant de la campagne pour l’élection présidentielle. Intitulé « Où va la France ? », l’entretien a été enregistré à l’Elysée, dimanche, et est mené par les journalistes Audrey Crespo-Mara et Darius Rochebin.

La candidate du parti Les Républicains, Valérie Pécresse, a annoncé lundi vouloir saisir le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), critiquant un « président candidat » et le temps réduit de parole dont disposent, selon elle, les prétendants à l’Elysée. « L’équité est un principe fondamental de la démocratie », a relancé le candidat écologiste, Yannick Jadot, mardi matin sur Twitter, en déplorant que « les autres candidats [soient] renvoyés au rôle de commentateur ». Il a également dit souhaiter saisir le CSA.

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« Je n’irai pas à l’émission pour commenter [Emmanuel] Macron après ses deux heures d’interview solitaire », a de son côté écrit sur Twitter Jean-Luc Mélenchon, mardi, en refusant de se rendre au débat organisé après la diffusion de l’entretien par les deux chaînes, avant d’ajouter : « Macron aime parler tout seul. Il est servi. Désolé pour TF1 qui voulait rééquilibrer. » Le candidat de la France Insoumise (LFI) a publié avec son message une réponse du CSA à une précédente saisine de son mouvement concernant l’allocution d’Emmanuel Macron du 9 novembre.

Fabien Roussel, le candidat du parti communiste à l’élection présidentielle 2022, a lui aussi fustigé dans un tweet la diffusion de cet entretien du chef de l’Etat, pas encore candidat déclaré à sa réélection : « Combien de temps cette rupture démocratique va t elle durer ? Ça suffit ! Pas de traitement de faveur pour celui qui n’a pas le courage de se déclarer ! »

« Les Français ont besoin d’un président de la République »

Le conseil y rappelle les règles en vigueur : chaque prise de parole d’un membre de l’exécutif dans un média audiovisuel est décomptée du temps accordé au gouvernement (un tiers du total des entretiens politiques, les deux tiers restant étant réservés aux partis et mouvements politiques en fonction de leur représentativité) lorsque le sujet abordé est lié à la fonction occupée. Pour le discours du 9 novembre, « environ les trois quarts » du temps de l’allocution ont été décomptés au titre du débat national, donc détachés de la fonction présidentielle et reliés au temps de parole dont disposent les élus de la majorité.

Le procédé devrait être renouvelé pour l’intervention du chef de l’Etat sur TF1 et LCI, mercredi, et apparaître dans les relevés mensuels du CSA, pour lesquels cette séparation entre la parole présidentielle et la parole individuelle est déjà opérée. Les règles doivent être modifiées à partir du 1er janvier, à l’occasion de l’entrée dans la période de campagne électorale.

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« Le président de la République, il s’exprime, évidemment que sa parole est attendue sur l’action qui est menée aujourd’hui, sur la crise aussi, sur le bilan du quinquennat ce qui a été conduit dans ce quinquennat et c’est légitime », a défendu sur Franceinfo, mardi, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Le secrétaire d’Etat a pris l’exemple de l’intervention de Nicolas Sarkozy qui avait, en janvier 2012, participé à une émission sur huit chaînes à quelques mois de la présidentielle. « A l’époque, [Valérie Pécresse] défendait le fait (…) que le président de la République puisse s’exprimer dans un contexte de crise », a-t-il souligné en citant les propos de celle qui était alors ministre.

« Emmanuel Macron est président de la République, élu pour cinq ans, pas pour quatre ans et demi, aujourd’hui les Français ont besoin d’un président de la République, ils n’ont pas besoin d’un énième candidat », a aussi argué le chef de file des députés La République en marche, Christophe Castaner, sur France 2. Un argument balayé par le député des Alpes Maritimes et soutien de Valérie Pécresse, Eric Ciotti, pour qui « tous les leviers du pouvoir sont mobilisés par l’exécutif pour faire campagne de façon indécente ». L’ancien candidat au congrès des Républicains déplore aussi comme « extrêmement choquant » que la communication entourant la présidence française de l’Union européenne, qui doit débuter le 1er janvier, puisse être utilisée pour mettre en avant l’action de l’exécutif.

Le Monde avec AFP





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