L’Insee anticipe une baisse du pouvoir d’achat en France au premier semestre 2022


Une station-service, à Paris, le 20 octobre 2021.

C’est la note qui tombe mal. Alors que, depuis le début de la crise due au coranavirus, la politique du « quoi-qu’il-en-coûte » a permis de sauver le tissu économique d’un désastre redouté et de préserver le pouvoir d’achat des ménages, l’inflation pourrait venir assombrir le bilan économique de l’exécutif, à quelques mois de l’élection présidentielle. L’Insee, qui publie, mardi 14 décembre, sa note de conjoncture pour le quatrième trimestre, prévoit que le pouvoir d’achat, en hausse de 1,8 % sur 2021, connaîtra une baisse de 0,5 % sur la première moitié de 2022, en raison de la hausse des prix. Un atterrissage dans la douleur, alors que ce sujet est hautement sensible. « [C’]est l’élément qui comptera le plus dans le vote des Français », affirme Bernard Sananès, président de l’institut de sondage Elabe.

Cette baisse pourrait être d’autant plus mal ressentie qu’elle surviendra dans un contexte de ralentissement de la reprise. La croissance du produit intérieur brut (PIB) français, de 0,5 % au quatrième trimestre, comme prévu, atteindra bien 6,7 % sur l’ensemble de 2021. En faisant l’hypothèse – fragile – que les restrictions sanitaires ne se durciront pas davantage, le rebond de l’économie se poursuivra au rythme de 0,4 % au premier trimestre 2022 et de 0,5 % au deuxième. Un tempo qui permet de fixer l’acquis de croissance – ce qui est définitivement emmagasiné, même si l’activité reste atone pour le reste de l’année – à 3,0 % à la fin du premier semestre, selon les prévisions de l’Insee.

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Ce ralentissement s’explique en partie par la persistance des difficultés d’approvisionnement, qui restent à un niveau inédit et qui pénalisent fortement l’activité dans l’industrie. Dans l’automobile, la production se situe, en cette fin d’année, à un niveau inférieur de 25 % à 30 % à celui d’avant-crise. Difficile d’espérer un retour rapide à la normale dans un contexte d’incertitudes accrues à l’échelle internationale ; les nouvelles restrictions aux frontières vont ralentir encore la reprise dans les secteurs comme le tourisme ou l’hôtellerie-restauration. Un signal préoccupant est parvenu, mardi, de Chine : dans la région industrielle du Zhejiang, dans l’est du pays, plusieurs grandes entreprises ont dû suspendre la production, afin de limiter les contaminations au Covid-19.

Hausse de la facture énergétique

Mais le principal point noir reste l’inflation, celle-là même qui menace de grignoter le pouvoir d’achat des ménages. L’Insee a examiné en détail l’augmentation de la facture énergétique des Français sur 2021. Le résultat est sans appel : la note de gaz, d’électricité et de carburant a augmenté de 30 euros, en moyenne, par mois, par rapport à la fin de 2019. Le gaz, qui a flambé de plus de 40 % entre décembre 2020 et octobre, pèse, à lui seul, pour la moitié de ce surcoût ; le carburant représente 8 euros de plus par mois, un chiffre encore plus élevé en milieu rural, et l’électricité joue pour le reste.

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