Pas encore candidat, Macron promet de continuer à réformer – avec « indulgence et bienveillance »



Pas encore candidat, Macron promet de continuer à réformer - avec "indulgence et bienveillance"

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) – Emmanuel Macron, qui n’a pas encore officialisé sa candidature à l’élection présidentielle d’avril 2022, s’est dit mercredi toujours aussi déterminé à réformer la France, tout en promettant de tenir davantage compte des inquiétudes des Français.

Dans un entretien pré-enregistré diffusé par les chaînes télévisées TF1 et LCI, le chef de l’Etat a défendu le bilan de son quinquennat, y compris ses « reculs » sur certaines réformes emblématiques comme celle du système de retraites, abandonnée en raison de la pandémie de COVID-19 au printemps 2020.

« Je garde la même volonté de bousculer les choses, je reste indigné face au système – les lourdeurs du système, la bureaucratie m’exaspèrent, les corporatismes m’insupportent », a affirmé Emmanuel Macron, élu en 2017 sur la promesse d’un profond changement.

Le président de la République s’est engagé à relancer la réforme des retraites, qu’il a qualifiée d' »indispensable » pour équilibrer les comptes du pays, mais il a jugé trop « anxiogène » de supprimer tous les régimes spéciaux, dont la disparition annoncée avait grandement contribué à mobiliser les syndicats pendant l’hiver 2019-2020.

Esquissant les contours d’une future réforme, il a suggéré que trois ou quatre régimes de retraites pourraient subsister à l’avenir, dont un pour la fonction publique.

Emmanuel Macron a, plus largement, cherché à se défaire de l’étiquette de « président des riches » qui lui a été accolée par certains de ses adversaires politiques depuis le début de son mandat, en particulier après la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF), revendiquant « le droit de ne pas être la caricature dans laquelle on veut vous enfermer ».

« J’AI BLESSÉ DES GENS »

« Mes valeurs ne sont pas celles d’un président des riches. Mais je crois… Je suis ambitieux pour notre pays, je suis pour l’innovation, je suis pour un pays qui est fort économiquement mais je suis pour un pays juste », a-t-il dit.

« Moi, je ne crois pas dans la sauvagerie, je ne suis pas pour la loi de la jungle ! Je suis pour la responsabilité, le mérite, mais également l’entraide et la solidarité lorsque les coups durs sont là. C’est ça, une grande nation », a-t-il encore plaidé, revendiquant une fibre sociale.

Evoquant à plusieurs reprises le quotidien difficile du personnel hospitalier ou de certains « gilets jaunes », dont les manifestations ont marqué son quinquennat, Emmanuel Macron a fait un mea culpa à demi-mots, reconnaissant avoir pu tenir des propos qui ont heurté certains de ses compatriotes.

« Il y a des mots qui peuvent blesser et je pense que ce n’est jamais bon et c’est même inacceptable; le respect fait partie de la vie politique et donc j’ai appris », a assuré le chef de l’Etat.

« Je pense que dans certains de mes propos, j’ai blessé des gens et je pense qu’on peut bouger les choses sans blesser des gens et c’est ça que je ne referai plus parce que, au moment où je l’ai fait, je n’ai pas mesuré que je blessais. »

Emmanuel Macron a assuré qu’il n’était plus le même homme ni le même dirigeant après la pandémie de COVID-19, disant avoir beaucoup « appris » auprès des Français. « J’ai appris et sans doute que je suis plus sensible à certaines choses que je ne l’étais avant », a-t-il assuré, promettant de montrer à l’avenir davantage d' »indulgence et de bienveillance ».

« Est-ce que j’ai fait des erreurs ? Oui beaucoup… Je vais essayer de ne pas les refaire », a-t-il conclu.

(Rédigé par Tangi Salaün, édité par Jean Terzian)



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