Valérie Pécresse concentre les critiques de la majorité présidentielle


Valérie Pécresse, la candidate des Républicains à l’élection présidentielle, lors de son premier discours, à la Mutualité (Paris), le 11 décembre 2021.

« Bonne candidate pour Versailles », « dame du défaire », programme « fou »… Depuis le premier discours de campagne de Valérie Pécresse et sa percée dans les sondages, la majorité et les proches d’Emmanuel Macron multiplient les piques à l’encontre de la candidate du parti Les Républicains (LR) à l’élection présidentielle.

« Valérie Pécresse est condamnée à faire du mauvais Macron ou du méchant Ciotti », estime le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, mercredi 15 décembre, dans une interview au Figaro. « Sa tribune sur l’Europe est un plagiat raté. Ses propositions ont déjà été mises en œuvre par nos soins ou sont à l’agenda de la présidence française de l’Union européenne », dit-il encore avant d’ajouter : « Quant à la primauté du droit européen qu’elle remettait en cause cet automne, elle n’en parle déjà plus. (…) Changer de ligne au gré des circonstances (…) c’est de mauvais augure. »

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés La précampagne officieuse d’Emmanuel Macron irrite de plus en plus ses opposants

Alors que Valérie Pécresse a annoncé, lundi, saisir le Conseil supérieur de l’audiovisuel contre la diffusion d’une interview d’Emmanuel Macron mercredi soir sur TF1 et LCI estimant que le président sortant faisait campagne sans le dire, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, l’a taclée en retour, mardi, sur Franceinfo. « Elle a la fébrilité comme moteur, et l’hypocrisie comme carburant », a-t-il dit.

« Dame du “défaire” »

Il faut dire que la candidature de Valérie Pécresse inquiète certains dans le camp d’Emmanuel Macron, qui lorgne le même socle de droite libérale et modérée. Et sa poussée dans les sondages – la candidate serait en mesure de se qualifier au second tour – depuis son investiture le 4 décembre au congrès du parti Les Républicains ne fait que conforter leurs craintes.

Depuis dimanche, au lendemain du premier meeting de Valérie Pécresse à la Mutualité, à Paris, plusieurs ministres du gouvernement Castex visent donc frontalement leur nouvel adversaire. « Elle est peut-être une bonne candidate pour Versailles, je ne crois pas que ce soit une bonne candidate pour parler aux électeurs de Tourcoing », a jugé dimanche le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, un ex-LR, dans l’émission du « Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI ».

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Valérie Pécresse tente de s’emparer de l’économique et du social dans les Hauts-de-France

« Depuis le début de sa longue carrière, elle est la dame du défaire », avait quant à lui affirmé, dans Le Journal du dimanche (JDD), Christophe Castaner, le patron des députés La République en marche, alors que la présidente de la région Ile-de-France revendique vouloir « faire plutôt que chercher à plaire ». « Elle a, ministre du budget, augmenté les impôts de 15 milliards d’euros et la TVA de 5,5 à 7 % pour les produits essentiels. Les Français s’en souviennent », a ajouté M. Castaner.

Le président du MoDem, François Bayrou, allié d’Emmanuel Macron, avait lui dénoncé sur BFM-TV le programme « fou » de Valérie Pécresse parce qu’elle demande « qu’on coupe dans les dépenses publiques, qu’on supprime 250 000 fonctionnaires et qu’on intervienne de manière extrêmement dure sur les retraites et les allocations des Français ».

« Grand écart »

Critique sur ses propositions, la majorité cible aussi le positionnement politique de la candidate de la droite, qui s’efforce de porter un message de rassemblement, d’Eric Ciotti à Xavier Bertrand.

« Pour le moment, Mme Pécresse est bien plus occupée à garder son camp uni qu’à parler aux Français, qu’à construire un programme », a accusé sur Radio J la secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse, Sarah El Haïry (MoDem). Avant de railler la position de la candidate, qui doit s’efforcer de retenir un électorat qui peut être tenté par les candidatures d’extrême droite de Marine Le Pen ou Eric Zemmour… sans effrayer l’aile centriste de l’électorat potentiel qui pourrait être séduite par le parti Horizons fondé par l’ex-LR Edouard Philippe.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Face à l’ascension de Valérie Pécresse, les soutiens d’Edouard Philippe tentent de rester sereins

Pour la secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse, « Mme Pécresse a intérêt à avoir fait beaucoup de gymnastique dans son enfance » parce que « le grand écart, quand on n’est pas entraîné, ça peut être douloureux ». « Elle est prise en otage par les radicaux de sa famille politique », a affirmé Gérald Darmanin, tandis que pour Christophe Castaner, « la ligne du parti se rapproche de plus en plus de l’extrême droite ».

Valérie Pécresse a pour sa part de nouveau revendiqué, dans l’émission « Dimanche en politique », sur France 3, une ligne politique « claire ». « Elle est gaulliste, forte sur la sécurité, elle est libérale, forte sur les réformes (…) et puis elle est sociale ».

Tenant de l’aile droite du parti, Eric Ciotti a appelé les électeurs d’Eric Zemmour à voter pour la candidate LR « s’ils veulent battre Emmanuel Macron ». « Seule Valérie Pécresse peut gagner », a-t-il affirmé « Grand Rendez-Vous CNews-Europe1-Les Echos », assurant qu’elle sera « au cœur de ce rassemblement qui viendra de toutes parts pour battre Emmanuel Macron ». M. Ciotti a dit partager « une communion de valeurs, d’idées et d’objectifs avec Valérie Pécresse », assurant qu’il sera « totalement engagé derrière elle ».

Interrogé sur France 2 mercredi 15 décembre, le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, s’est réjoui de « cette fébrilité du camp macronien », estimant que « c’est une bonne nouvelle » pour son parti. « Les Français n’ont jamais autant voulu de solutions de droite », a ajouté le sénateur de la Vendée.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Valérie Pécresse dans « Le Monde », de commissaire du gouvernement à candidate à la présidentielle

Le Monde avec AFP





Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *