Biathlon: Bescond comme à la maison


Pour le grand retour du circuit en France, Anaïs Bescond a fait vibrer le public du Grand-Bornand en s’offrant jeudi la 2e place du sprint comptant pour la Coupe du monde de biathlon et remporté par la Norvégienne Marte Olsbu Roeiseland, solide leader du classement général.

Le week-end ne pouvait pas mieux débuter pour les bruyants fans tricolores, sevrés de biathlon depuis deux ans. Dès la première épreuve disputée dans la station de Haute-Savoie, une Française est montée sur le podium, sauvant l’honneur d’une équipe plutôt à la peine dans l’ensemble.

Bescond n’était pas forcément la plus attendue chez les Bleues mais la doyenne du groupe (34 ans) confirme tout de même un retour au premier plan déjà perceptible au cours des trois étapes précédentes. La Franc-Comtoise avait ainsi terminé 2e de la poursuite d’Ostersund (Suède), le 4 décembre, et s’était également distinguée en relais (victoire à Ostersund, 3e à Hochfilzen).

A un mois et demi des JO d’hiver à Pékin (4-20 février), la triple médaillée olympique retrouve soudainement le devant de la scène et semble totalement transcendée à l’approche du grand rendez-vous de l’hiver, sans doute l’ultime gros challenge de sa carrière.

« Les Jeux me galvanisent, c’est un fait, a-t-elle déclaré. Avant-hier à l’entraînement, Ole-Einar Bjoerndalen (légende du biathlon, ndlr) m’a félicitée. Il me disait que je faisais un beau début de saison, que je travaillais bien, ça m’a fait très plaisir. Il m’a dit que j’étais forte dans les grands événements ».

La course quasi parfaite de Bescond (10/10 au tir), 2e derrière Marte Olsbu Roeiseland et devant la Suédoise Elvira Oeberg,constitue pourtant un petit miracle, la Française traînant un rhume depuis plusieurs jours.

– « Indescriptible » –

« C’est très désagréable, je suis complétement bouchée du nez, ce n’était vraiment pas sympa, a-t-elle raconté. Mais il était hors de question pour moi de ne pas courir. Je ne me sentais vraiment pas dans mon meilleur jour. Mais j’ai fait un beau tir et j’avais un bon niveau en ski même si j’aurais aimé tirer plus rapidement. Ce sont ces courses qui vont me permettre d’arriver aux Jeux avec le plus de cartouches possibles. »

Même Frédéric Jean, l’entraineur de l’équipe de France femmes, a semblé ébahi par la performance de Bescond, qui a l’art de se réveiller et de se relancer à chaque saison olympique.

Le podium du sprint du Grand-Bornand (de g à dr): Anaïs Bescond, la gagnante Marte Olsbu Roeiseland et la troisième Elvira Oeberg, le 16 décembre 2021  (AFP - OLIVIER CHASSIGNOLE)

Le podium du sprint du Grand-Bornand (de g à dr): Anaïs Bescond, la gagnante Marte Olsbu Roeiseland et la troisième Elvira Oeberg, le 16 décembre 2021 (AFP – OLIVIER CHASSIGNOLE)

« +Nanas+, il ne faut pas l’enterrer, jamais, a lancé le technicien. C’est une athlète qui adore son métier, son sport et les Jeux Olympiques. Elle est tellement attirée par ça qu’elle va être capable à un moment donné de vriller et de passer de l’autre côté en mode jeu et faire des efforts par-ci par-là pour arriver pile poil comme il faut. »

Mais avant de songer aux JO, Bescond a surtout pris soin de savourer les retrouvailles avec les bouillants supporteurs français.

« L’ambiance était indescriptible, cela fait du bien après presque deux ans sans public, à vivre et à subir du huis clos, avec du Covid partout, a-t-elle expliqué. Je l’ai très mal vécu l’année dernière, donc avoir du monde en bord de piste, ma famille, mes proches, qui ont pu faire le déplacement, ça me met en joie. C’est un moment de communion. C’est une journée que je garderai en mémoire ».

kn/bde



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