Les Français ont continué à surépargner en 2021


Le surcroît d’épargne issu de la crise sanitaire atteint désormais 187 milliards d’euros.

Le pécule des Français n’a pas diminué. À l’issue de l’année 2021, les ménages ont continué de surépargner, c’est-à-dire de mettre davantage de côté à l’occasion de la crise sanitaire. Principalement alimentée par les Français les plus aisés, cette surépargne a ainsi atteint, depuis le début de la crise, 187 milliards d’euros, selon des données dévoilées par la Banque de France. Cette somme était de 114 milliards d’euros voilà un an.

Malgré son faible rendement, le livret A reste une valeur sûre pour les ménages français, souhaitant disposer d’une épargne rapidement mobilisable. «Entre décembre 2019 et septembre 2021, les encours du Livret A ont augmenté de 51,5 milliards d’euros en France métropolitaine, soit une croissance de 18,6 %», souligne ainsi la Banque de France. Mais cette tendance ralentit, puisque en octobre, le livret A a connu sa plus forte désaffection depuis fin 2014, subissant un différentiel de 2,83 milliards d’euros entre les dépôts et les retraits.

Vers un retour à la normale ?

Avec une collecte nette de 2,7 milliards d’euros en octobre, l’assurance vie bénéficie en revanche d’un succès plus vu depuis septembre 2019 et a connu le meilleur mois d’octobre de son histoire, selon les données publiées fin novembre par la Fédération française de l’assurance. Les cotisations (ou dépôts) avaient ainsi atteint 13,2 milliards d’euros, «un niveau record pour un mois d’octobre» et les prestations (ou retraits) 10,5 milliards d’euros.

Cette préférence pour l’investissement de long terme «demeure encore mesurée sachant que la situation sanitaire reste complexe comme malheureusement le prouvent les dernières annonces sur le front de l’épidémie», indiquait ainsi Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, précisant que «le dégonflement de la cagnotte covid n’a pas encore commencé». Les incertitudes liées à la pandémie poussent en effet les Français à la prudence.

Cette épargne sera pourtant stratégique en 2022, puisqu’elle constitue une réserve de croissance. Dans un rapport, l’OFCE prévoyait ainsi fin octobre qu’«une consommation d’un cinquième de cette épargne, en supposant un mouvement commun dans tous les pays développés, conduirait à un scénario de croissance de 6,2 % en 2022, un taux de chômage à 6,0 % et une inflation en hausse à 2,4%». Un sacré coup de fouet par rapport aux prévisions de croissance tournant autour de 4% pour l’an prochain. Un potentiel bond en avant, alors que selon une note de conjoncture de l’Insee publiée mardi, la croissance française devrait être de 0,4% au premier trimestre et de 0,5% au deuxième trimestre de l’année prochaine.



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