sur TF1, le presque candidat Emmanuel Macron joue la carte de l’empathie avec les Français


Emmanuel Macron face aux journalistes de TF1 et LCI, au palais de l’Elysée, le 15 décembre 2021.

On connaissait le « j’ai changé » de Nicolas Sarkozy, place au « j’ai appris » d’Emmanuel Macron. Alors que son entourage s’inquiète de l’image de distance – voire d’arrogance – qu’il renvoie depuis le début de son quinquennat, le chef de l’Etat a tenté de combler ce point faible, en jouant la carte de l’empathie et de l’humilité, dans un entretien fleuve, préenregistré et diffusé mercredi 15 décembre, sur TF1 et LCI. Pendant près de deux heures, le président de la République s’est livré à une défense de son bilan, en revisitant plusieurs moments clés de son mandat.

Un inventaire de son action depuis 2017, sur le ton de la confidence. Comme un exercice d’introspection de la part de celui qui apparaît de plus en plus comme un candidat à sa réélection. L’exercice se voulait une opération vérité, afin de convaincre les Français de lui renouveler son bail à l’Elysée lors de l’élection présidentielle d’avril 2022. Ses opposants y voient une opération de communication à une heure de grande écoute.

Avant de s’engager de manière officielle dans la campagne, Emmanuel Macron avait à cœur de purger certains épisodes qui ont pu lui faire du tort. Loin de l’assurance qu’il peut parfois dégager, il a exprimé des regrets, en particulier sur les « petites phrases » polémiques qu’il a prononcées depuis son entrée à l’Elysée, comme celle où il invitait un jeune homme à « traverser la rue » pour trouver un travail, ou celle où il opposait « les gens qui réussissent » et ceux « qui ne sont rien ». « Dans certains de mes propos, j’ai blessé des gens », a-t-il admis, en s’engageant à « ne pas le refaire ». « Il y a des mots qui peuvent blesser, et je pense que ce n’est jamais bon, c’est même inacceptable car le respect fait partie de la vie politique », a-t-il insisté.

De « j’ai appris » à « j’assume »

A l’entendre, après avoir affronté plusieurs crises, dont celle du Covid-19, il ne serait plus le même homme. Le jeune président clivant et quelquefois cassant des débuts aurait laissé place à un dirigeant davantage attentif aux autres. Un homme « humain » et « affectif », qui aurait « acquis beaucoup plus de respect pour chacun ». « Sans doute que je suis plus sensible à certaines choses que je ne l’étais avant », a-t-il assuré, promettant de montrer à l’avenir davantage d’« indulgence et de bienveillance ». Disant avoir « appris » de ses « erreurs », il est même allé jusqu’à avouer « mieux aimer » les Français, dans l’espoir, sans doute, que l’inverse soit également vrai.

S’il s’est adonné à une forme de mea culpa, pas question, pour autant, de battre sa coulpe de manière excessive. Après le « j’ai appris », le locataire de l’Elysée a enchaîné avec la formule « j’assume » sur plusieurs sujets. Fini les aveux, place à la contre-attaque. L’affaire Benalla ? Aucun regret. M. Macron s’est défendu d’avoir protégé son ex-collaborateur, en expliquant qu’il avait été « sanctionné administrativement, puis exclu de l’Elysée », après les violences du 1er-Mai. Une chronologie trompeuse, puisque ce n’est qu’après la révélation de l’affaire par Le Monde, le 18 juillet 2018, que l’Elysée a décidé de licencier Alexandre Benalla – qui n’avait jusqu’alors subi qu’une mise à pied de quinze jours.

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