Un accès de fièvre sociale secoue la SNCF à la veille des vacances


Des voyageurs sur les quais TGV de la gare de Bordeaux, le 25 novembre 2021.

Une conférence de presse retardée et perturbée par les militants de SUD-Rail, une forêt de micros et de caméras faisant irruption dans le salon Grands Voyageurs habituellement réservé aux clients business de la SNCF, des usagers exaspérés criant « vive la voiture » aux syndicalistes en interview sur le parvis de la gare de Lyon, à Paris…

La tension était palpable, mercredi 15 décembre, au moment où Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs, et Alain Krakovitch, le patron de la branche TGV, sont venus annoncer la mauvaise nouvelle : les négociations ont échoué et la grève redoutée aura bien lieu à l’établissement Paris-Sud-Est, contraignant la SNCF à ne faire rouler qu’un TGV sur deux, vendredi 17 décembre, entre Paris, Lyon, la Côte d’Azur et les Alpes, pour le premier grand départ des congés de fin d’année.

« C’est scandaleux au moment où les Français ont le plus besoin de nous pour se déplacer », s’est indigné M. Fanichet. Potentiellement, 300 000 voyageurs risquent d’être touchés du vendredi 17 au dimanche 19 décembre. La SNCF a promis un remboursement intégral des billets aux clients dont le voyage est annulé, plus un bon d’achat du même montant, ainsi qu’un repositionnement, dans la mesure du possible, dans les TGV du lendemain (avec une priorité donnée aux enfants non accompagnés, voyageant dans le cadre du programme Junior & Cie).

« Une quarantaine de préavis »

Si les autres axes TGV (Nord, Est, Atlantique) ne devraient pas être perturbés, la grève des TGV du Sud-Est n’est que l’un des symptômes de l’accès de fièvre sociale qui secoue la SNCF à la veille des vacances de Noël. La semaine est criblée d’appels au débrayage, lancés par les trois principaux syndicats (CGT, UNSA, SUD-Rail – la CFDT n’étant pas impliquée). Cela se passe en Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, dans les Pays de la Loire… En Ile-de-France, la grève perturbera le trafic dès jeudi et vendredi sur une dizaine de lignes, dont les RER B, C, D et E.

« On recense une quarantaine de préavis », annonce Erik Meyer, secrétaire fédéral de SUD-Rail. « A Paris-Nord, le mouvement est massif, déclare une déléguée CGT qui a requis l’anonymat. Sur le RER B, je n’avais jamais vu un trafic aussi bas que celui annoncé vendredi. Sur la ligne H, des bus de substitution ont été mis en place tellement il y a peu de trains. »

La plupart des revendications sont d’ordre salarial. Les cheminots, qui ont fait partie des personnels au travail lors des plus forts pics pandémiques, exigent maintenant une reconnaissance pécuniaire de cet engagement. Or ils constatent à l’inverse que les réorganisations post-Covid-19 non seulement compliquent et pénibilisent leur travail mais aussi, par un jeu de disparition de primes, font baisser leurs rémunérations.

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