Vaccination des enfants, mode d’emploi


La vaccination à tous les 5-11 ans est ouverte depuis ce mercredi.

C’est au tour des enfants. Le ministre de la Santé a officialisé mercredi l’ouverture de la vaccination à tous les 5-11 ans: ils sont donc 5,77 millions à pouvoir prendre rendez-vous, sur la base du volontariat.

Pourquoi les autorités ont-elles donné leur feu vert?

«Le contexte actuel de forte circulation virale renforce la nécessité de vacciner les enfants de cette classe d’âge sans plus attendre. Les enfants scolarisés en école primaire constituent en effet la population parmi laquelle le virus circule le plus.» Après le Comité d’éthique et la Haute Autorité de santé, le conseil d’orientation de la stratégie vaccinale s’est à son tour dit favorable mardi à la généralisation de la vaccination pour les 5-11 ans.

Ces trois instances mettent en avant le bénéfice individuel pour les enfants, car si les formes sévères de Covid-19 les affectent rarement, Lise Alter, directrice de l’évaluation médicale à la Haute Autorité de santé, a rappelé lundi que «80 % des formes sévères se sont retrouvées chez des enfants sans comorbidité », notamment les PIMS (syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique). Et l’augmentation de l’incidence va de pair avec une hausse des complications: selon Olivier Véran, 145 enfants étaient hospitalisés mercredi en France, dont 27 en soins critiques. Avant de se prononcer, les autorités attendaient toutefois les données de pharmacovigilance en provenance notamment des États-Unis, où 7 millions d’enfants de moins 12 ans ont reçu une dose. Ces données sont «encore limitées mais rassurantes à court terme», selon la HAS: elles recensent une trentaine d’événements indésirables graves après injection dont 8 cas confirmés de myocardites, dont l’évolution clinique est favorable, et deux décès, mais qui concernaient des enfants déjà atteints de maladies très graves.

Où les enfants peuvent-ils se faire vacciner?

Un peu plus de 190 centres de vaccination disposent déjà de lignes pédiatriques dédiées, selon le ministère de la Santé, qui précise que ce nombre devrait passer à 350 répartis sur l’ensemble du territoire d’ici à la fin du mois. «Rapidement, la quasi-totalité des centres a vocation à ouvrir au moins une ligne de vaccination pédiatrique», prévoit la Direction générale de la santé, qui ajoute que des créneaux spécifiques sont prévus notamment les week-ends mais aussi les mercredis et en fin de journée. Le site santé.fr propose un filtre dédié, «centres vaccinant les 5-11 ans», et les parents peuvent prendre rendez-vous via les canaux habituels, comme Doctolib.

Dans ces centres, ne peuvent administrer le vaccin que le personnel qui a l’habitude de traiter cette tranche d’âge, médecins ou infirmiers. Les enfants peuvent aussi recevoir leur injection chez leur pédiatre ou leur généraliste, qui doivent commencer à recevoir les doses qu’ils ont commandées entre le 24 et le 28 décembre, selon la DGS. Un bémol toutefois: «On nous dit qu’il faut vacciner mais on nous donne accès à un flacon de dix doses par semaine seulement», déplore Brigitte Virey, présidente du Syndicat national des pédiatres français (SNPF).

Avec quel produit?

Seul le vaccin Pfizer est autorisé pour les 5-11 ans. Il s’agit du même produit que pour les adultes, mais à des doses inférieures: 10 microgrammes, soit un tiers de celles données aux parents. La France doit recevoir 1,9 million de doses pédiatriques dans des flacons au couvercle orange en décembre, puis un autre million en janvier. Pourrait-on envisager de diviser les doses adultes si la demande était trop forte? Cela a déjà été fait dans certains pays pour des enfants très fragiles qu’il était urgent de protéger, explique Lise Alter. «Mais ce n’est pas souhaitable sur le long terme car cela nécessite des manipulations, avec des risques d’erreurs.» C’est pourquoi la HAS a donné son feu vert au démarrage de cette campagne vaccinale «dès lors que des doses bien adaptées aux enfants étaient disponibles».

Quelle marche à suivre?

La vaccination des enfants peut être un dilemme pour de nombreux parents: une enquête réalisée par Santé publique France indiquait ce mois-ci que plus de la moitié d’entre eux n’étaient pas prêts à le faire. L’accord des deux parents n’est en tout cas pas nécessaire, «ce qui est aussi valable pour les parents divorcés», précise le ministère de la Santé. La présence de l’un d’eux est obligatoire et un formulaire d’autorisation signé doit être remis avant l’injection.

Avant l’injection, la HAS recommande la réalisation d’un test sérologiquerapide (Trod) «en l’absence d’antécédent connu et documenté de Covid-19» (sachant en outre qu’un délai de deux mois doit être respecté entre infection et vaccination). Si le Trod est positif, une seule dose suffit. S’il est négatif, il faudra réaliser une deuxième injection 21 jours après. Cette piqûre au bout du doigt pour y prélever une goutte de sang n’est pas obligatoire. «Les familles peuvent s’y opposer mais si cela permet de ne faire qu’une dose à leur enfant, elles n’ont pas vraiment d’intérêt à refuser», estime Brigitte Virey, qui exerce à Dijon. Elle rappelle que vacciner un enfant prend davantage de temps et qu’«il faut bien lui expliquer comment et pourquoi on fait le vaccin».

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