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la périlleuse équation d’Emmanuel Macron pour le second tour


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Publié aujourd’hui à 09h15, mis à jour à 13h12

« C’est une nouvelle campagne qui s’ouvre. » Immédiatement après l’annonce des résultats du premier tour de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron et ses fidèles se sont projetés vers le second tour face à Marine Le Pen. Un scénario qui s’annonce aussi périlleux qu’incertain. « Rien n’est fait », a mis en garde le président candidat, dimanche 10 avril, depuis son QG de soirée électorale, en exhortant ses troupes à « ne ménager aucun effort durant les quinze jours à venir ».

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Un appel à la mobilisation qui vise à conjurer le risque d’un accident au soir du 24 avril. Comme en 2017, il affrontera la candidate du Rassemblement national (RN). Sauf que cette fois, le second tour s’annonce beaucoup plus serré qu’il y a cinq ans, lorsque le candidat de La République en marche (LRM) l’avait emporté avec 66,10 % des voix. « Le second tour sera difficile : comme on pouvait s’y attendre après les graves crises du quinquennat, le RN peut accéder au pouvoir », met en garde le chef de file des députés MoDem, Patrick Mignola.

Certes, le soulagement était d’abord de mise dans le camp présidentiel. Alors que les sondages d’avant scrutin le donnaient talonné par Marine Le Pen, Emmanuel Macron a finalement réalisé un meilleur score que prévu, en totalisant 27,60 % des voix. Soit trois points de plus qu’en 2017. Lui qui a tout fait depuis le début de son quinquennat pour réduire le débat à un affrontement entre « progressistes » et « populistes » a réussi à devancer sa meilleure ennemie. Pour la première fois depuis vingt ans, le président sortant arrive en tête du premier tour. Une performance, à l’issue de « cinq ans de crises majeures », des « gilets jaunes » au « Covid », en passant par la « guerre en Ukraine », a souligné le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

Front commun

Mais la satisfaction s’est révélée de courte durée dans les rangs de la majorité face au défi qui se présente désormais devant M. Macron, chargé de rassembler des électeurs issus d’horizons différents. Car si son adversaire reste la même qu’il y a cinq ans, le rapport de force a évolué. Contrairement à 2017, la fille de Jean-Marie Le Pen, qui a réussi à totaliser 23,41 % des suffrages, peut compter pour la première fois sur une réserve de voix substantielle, puisque les deux autres candidats d’extrême droite Eric Zemmour (7,05 %) et Nicolas Dupont-Aignan (2,07 %) ont appelé à voter pour elle.

Emmanuel Macron, après l’annonce du résultat du premier tour de l’élection présidentielle, porte de Versailles à Paris, le 10 avril 2022.
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Face à ce bloc d’extrême droite, Emmanuel Macron a tenté de réhabiliter un front républicain, en ouvrant grand les bras aux républicains de tout poil. « Je souhaite tendre la main à tous ceux qui veulent travailler pour la France », a-t-il déclaré, en appelant à fonder, au-delà des « différences », « un grand mouvement politique d’unité et d’action ». Une manière de poursuivre la recomposition politique, entamée depuis 2017, afin d’accueillir des responsables de gauche et de droite dans un même bloc central. Avec l’espoir que leurs électeurs se reportent sur sa candidature, le 24 avril, dans un front commun pour faire barrage à l’extrême droite.

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