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Après le Covid, le coût de l’énergie inquiète les transports publics



Après le Covid, le coût de l'énergie inquiète les transports publics

Gasoil, gaz, électricité… La flambée des prix de l’énergie aggravée par la guerre en Ukraine frappe durement le secteur des transports publics en France, qui se remet à peine de la pandémie de Covid-19. Le prix du gaz naturel, de plus en plus utilisé pour propulser les autobus, a été multiplié par plus de trois. Le diesel a lui aussi flambé, malgré la remise de 15 centimes par litre accordée par le gouvernement.

Quelques centaines de millions d’euros pour l’ensemble de la profession

Il y en a pour quelques centaines de millions d’euros pour l’ensemble de la profession. De quoi (re)mettre en péril les finances des opérateurs de transports publics français -au premier rang desquels Keolis, Transdev et la RATP-, dont les marges sont faibles et qui ont été éprouvés par la pandémie. « Malgré les couvertures physiques, mises en place via nos contrats d’approvisionnement, et financières (sur les produits dérivés), notre facture énergétique va fortement progresser cette année », soupire-t-on à la RATP.

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L’énergie représentait entre 8 et 9% des coûts de l’opérateur Keolis, une filiale du groupe SNCF qui exploite notamment les réseaux de Lyon, Lille, Bordeaux et Rennes. « Maintenant, on est à un peu moins de 10%, et au train où vont les choses, on sera au-dessus de 10% sur l’ensemble de l’année 2022 », confirme son directeur général pour la France, Frédéric Baverez. « Pour l’instant, le vrai sujet, c’est qu’on ne sait pas à combien on va finir l’année pour l’électricité », ajoute-t-il. « On pense que sur toute l’année 2022 notre coût moyen devrait avoir augmenté de 85%! » L’électricité est indispensable pour faire avancer métro, tramways, trolleybus et bus électriques.

Se retourner vers les collectivités locales pour rentrer dans leurs frais

Les opérateurs entendent se retourner vers les collectivités locales pour rentrer dans leurs frais. Mais les contrats publics, qui incluent des clauses censées compenser en partie l’inflation, ne reflètent pas la réalité des prix. Pour le gaz en particulier, « ils compensent 30 à 40% de la variation », regrette Edouard Hénault, directeur général France de Transdev, qui s’étonne que les cours du biogaz -produit en France par la fermentation de matières organiques- soient indexés sur ceux du gaz naturel.

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Economies d’énergie 

Et, de toute façon, les mécanismes de compensation ne sont pas assez réactifs, regrette-t-il. « C’est la responsabilité des collectivités de se rapprocher de leurs opérateurs pour actualiser au plus vite les clauses de leurs marchés publics et éviter que des entreprises de transports soient mises en difficulté », explique-t-on au ministère des Transports. Le ministre Jean-Baptiste Djebbari a demandé en mars aux collectivités locales de « veiller à la bonne prise en compte de la hausse du prix des carburants ». Un courrier pas forcément bien accueilli par les élus, qui se plaignent toujours du manque d’aide de l’Etat pour combler les pertes du Covid…

La profession aimerait être aidée comme l’ont été le transport routier de marchandises et le fret ferroviaire. Que les autobus urbains bénéficient au moins des 1.000 euros par véhicule que l’Etat a accordés aux autocars interurbains. « Il serait logique que l’Etat fasse le point en fin d’année avec les collectivités pour analyser les conséquences sur le modèle économiques des réseaux, et plus globalement les finances des collectivités, si les prix de l’énergie restaient élevés », indique-t-on sobrement au ministère.

La hausse des prix de l’énergie supportée par le contribuable

In fine, la hausse des prix de l’énergie devrait être en grande partie supportée par le contribuable, ou l’usager si les collectivités décidaient d’augmenter le prix des billets. En attendant, les opérateurs tentent de s’approvisionner à l’avance et au meilleur coût, et font des économies d’énergie. La RATP, par exemple, parle de « sobriété », d’éclairages aux LED et d' »écoconduite », sans à-coups.

Les chiffres sont encore plus impressionnants chez SNCF Voyageurs, qui absorbe de 1 à 2% de la consommation électrique française, dont la moitié pour tracter les TGV (non subventionnés). Plus de 95% de l’électricité consommée cette année avait été achetée à l’avance, mais les 5% restants vont représenter « plusieurs dizaines de millions d’euros » de surcoût, selon la direction. Et avec les prix actuels de l’énergie, c’est « plusieurs centaines de millions » supplémentaires que la compagnie publique va devoir débourser l’an prochain. « Nous n’augmentons pas nos tarifs pour 2022 », a promis le PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet.



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